Roger, Marie-Sabine – Dernière visite à ma mère

L’Iconoclaste – 4 février 2021

4ème de couverture

Le regard d’une romancière sur une expérience universelle : l’accompagnement d’un parent en fin de vie.

Pendant deux ans et demi, l’autrice a visité sa mère placée en Ehpad, avant qu’elle ne décède quelques semaines avant le confinement. Très vite, la vieille dame est rendue incontinente et grabataire, faute de personnel à ses côtés. Les mains n’obéissent plus, la mémoire s’évapore, la dépression s’installe. On l’infantilise, on la médicamente pour qu’elle ne crie plus sa solitude. Bientôt, elle ne sera plus que silence. Jusqu’à la fin, cependant, sa fille cherche à renouer les liens avec cette mère fantasque, insaisissable et s’interroge : peut-on se dire ce qu’on ne s’est jamais dit à la fin du jour ? Peut-on enfin oser les gestes de tendresse ?

Une écriture à l’os qui donne toute sa portée au récit.

Mon avis

Un récit intime, à lire d’une traite. Un « au revoir Maman » bouleversant.

Nonagénaire, la mère de l’auteure rentre en Ehpad.  Ou plutôt, est « placée » en Ehpad.  Ce mot, destiné aux objets, est pourtant le reflet du quotidien dont sera victime cette dame, au sein d’une institution qui, comme tant d’autres, manque cruellement de moyens et de subventions pour permettre au personnel soignant d’être adéquatement présent auprès des pensionnaires.

« Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. » Et si la question n’était pas de provoquer la mort, mais bel et bien de ne pas l’empêcher, lorsque tout ce qui est à venir sera forcément pire, sans aucune lueur d’espoir ?

La vie est un bien précieux. C’est aussi un mal incurable.

Personne n’en guérit jamais.

Marie-Sabine Roger voit sa mère perdre le goût de vivre et son état de santé se dégrader.  Et c’est à cette femme, qui a toujours été distante, qu’elle adresse ses émotions, ses réflexions, ses souvenirs et son amour.  Avec tendresse et pudeur, l’auteure nous invite à l’accompagner durant les derniers jours de cette maman qui est la sienne mais qui pourrait être celle de bon nombre d’entre nous.

J’aurais voulu pour eux que me parents s’en aillent brusquement, d’une de ces morts imprévisibles qui arrivent en avance, comme des invités un peu indélicats dont on ne sait que faire, le repas n’est pas prêt, la table n’est pas mise.

Qu’ils partent juste à temps. Avant le mauvais temps.

Ils n’ont pas eu cette chance.

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