Abbou, Patrice – Une mère juive ne meurt jamais

Plon – 24 octobre 2019

4ème de couverture

Les Molina n’ont pas le droit de sortir, de se laver, de se changer, de se parfumer et encore moins de travailler… pendant sept jours, comme le veut la tradition.
Ils sont en deuil de leur mère Louise.
Adam Molina, 40 ans, le plus jeune des quatre enfants, avait prévu de repartir le lendemain de l’enterrement. Mais devant la pression de son père et de son frère aîné Henri, il est contraint de rester. D’autant plus qu’il a une mission, la dernière volonté de sa mère : trouver un mari à Lucie, sa soeur.

Dans ce huis clos caustique et haut en couleur, les émotions s’entremêlent, entre tendresse, culpabilité et rancoeur.

Mon avis

Patrice Abbou s’est basé sur sa propre histoire pour nous parler du décès de Louise, une maman aimée et aimante, et de la période de 7 jours de deuil imposée par la religion juive.  La tradition veut que la famille proche vive sous le même toit durant cette période, ne pouvant ni sortir (sauf pour se rendre quotidiennement à la synagogue), ni travailler, ni cuisiner, ni se laver, ni se regarder dans un miroir.

Le narrateur Adam, la quarantaine active, se retrouve donc obligé de vivre en huis-clos avec son frère, ses sœurs et son père.  Pas facile à cet âge de mettre sa vie en pause pour se concentrer sur les souvenirs, les non-dits, les choix de vie et les manies des uns et des autres.

Le médecin décide d’ajouter sur l’ordonnance une boîte de tranquillisants pour toute la famille !

J’ai pris plaisir à découvrir ces traditions inconnues pour moi et j’ai vécu un capharnaüm d’émotions en compagnie de ces personnages, tous plus attachants les uns que les autres.

Patrice Abbou nous offre un livre émouvant au terme duquel ses personnages ne sont pas les seuls à se remettre en question.  En effet, en refermant ce livre j’ai ressenti le besoin de m’isoler et de prendre quelques minutes pour moi, quelques instants en tête-à-tête avec mes chers disparus. Ce livre n’est pas uniquement émouvant, il est drôle aussi, sans jamais verser dans la caricature, la moquerie ou la lourdeur.

Papa avait déniché deux costumes en velours côtelé.  Le mien était couleur vert bouteille, celui de mon « presque jumeau » violet. Nous ressemblions à des fauteuils sans franges.

Une belle découverte que je recommande vivement !

Le chiffre « 7 » est mon préféré. Il est biblique. Le monde a été créé en sept jours, la semaine compte sept jours, nous avons sept jours de deuil. Aujourd’hui, il prend tout son sens.

7 jours pour dire au revoir.

7 jours pour s’égratigner.

7 jours pour s’aimer.

Jacobs, Anna – Les pionnières – Une place au soleil

L’Archipel – 7 janvier 2021

4ème de couverture

Irlande, début des années 1860. Keara Michaels ne quitterait pour rien au monde sa terre natale et ses deux sœurs. Mais le destin est parfois cruel… Enceinte et sans le sou, elle est contrainte de traverser les océans pour gagner l’Australie. Toute seule : le père de son futur enfant, qui est marié, ne l’accompagnera pas.

Dans le même temps, Mark Gibson, un chercheur d’or, doit fuir le Lancashire pour échapper à la vengeance de son beau-père. Et tenter sa chance à l’autre bout du monde. C’est à Rossall Springs, à deux heures de route de Melbourne, qu’il ouvrira une auberge…

Est-ce là que Keara rencontrera l’homme de sa vie ? Le premier volet de la nouvelle trilogie d’Anna Jacobs, la romancière aux trois millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Mon avis

L’histoire débute en Irlande, aux alentours de 1860, au sein d’une famille pauvre, composée d’un père ivrogne et violent, d’une mère aimante mais soumise et de leurs 3 filles extrêmement soudées.  Leur rude quotidien est décrit de façon réaliste mais sans trop d’apitoiement.  La fille aînée, Keara, est l’un des personnages principaux de cette saga.  C’est une jeune fille extrêmement courageuse qui, du haut de ses 16 ans, se démène du mieux qu’elle peut pour tenter d’aider sa mère qui peine à nourrir sa petite tribu.

Par un concours de circonstances dont je ne parlerai pas ici afin de ne pas divulguer l’intrigue, Keara se retrouve en Australie.  J’ai beaucoup aimé découvrir ce pays qui n’en était encore qu’à ses premiers balbutiements.  Anna Jacobs s’est à mon avis parfaitement documentée sur le sujet tant elle parvient à faire voyager ses lecteurs et à dépeindre de façon réaliste les paysages et décors de l’époque.

Ce livre est le premier tome d’une saga familiale et donc, bien entendu, dans ce genre de littérature la romance est également présente.  Mais heureusement, pas à outrance.  L’auteure est réellement parvenue à trouver un excellent équilibre entre faits de société, amour, famille et intrigue.

Petit bémol : dommage que la 4ème de couverture dévoile autant de détails car certains ne surviennent que bien tardivement dans l’histoire et ne provoquent dès lors plus la surprise du lecteur.

En conclusion : merci à NetGalleyFrance ainsi qu’aux éditions L’Archipel de m’avoir permis de découvrir ce livre que je recommande vivement aux amateurs du genre.  Vivement la suite !

Bois, Ariane – L’île aux enfants

Belfond – 14 mars 2019

4ème de couverture

C’est l’histoire de Pauline et Clémence, deux fillettes inséparables, deux sœurs vivant près des champs de cannes à sucre, qui un jour, en allant chercher de l’eau à la rivière, sont enlevées, jetées dans un avion, séparées, et qui devront affronter bien des épreuves avant de comprendre ce qui leur est arrivé. Il ne s’agit pas d’un conte pour enfants, même cruel, mais de la véritable histoire des exilés de la Creuse, un transfert massif d’enfants venus de l’île de la Réunion pour repeupler des départements isolés de la métropole en 1963, contre leur gré et celui de leurs familles, devenue un scandale d’état. Dans ce roman, c’est la fille de Pauline, Caroline, qui, trente ans plus tard, mène l’enquête sur l’enfance de sa mère, provoquant ainsi des réactions en chaine et l’émoi de celle qui pour survivre a dû tout oublier…

Comment devenir soi quand on vous a menti ? Peut-on se reconstruire un arbre généalogique ? Qu’est- ce qu’était l’adoption dans le secret et les non-dits des années 1970 ? L’histoire d’une résilience, d’une reconstruction et une plongée dans un épisode peu glorieux de l’histoire de France à travers les yeux de deux enfants.

Mon avis

L’histoire est principalement axée sur Pauline dont on suit le parcours depuis l’enfance, lorsqu’elle est arrachée à ses parents pour être emmenée à la Métropole.  Il en sera ainsi car les autorités ont décidé qu’il y avait beaucoup trop d’enfants à la Réunion et qu’il était nécessaire de repeupler certains départements français.

J’ai malheureusement trouvé ce livre trop léger et naïf vu le thème abordé.  En effet, même si Pauline se questionne au sujet de sa couleur de peau, beaucoup plus foncée que celle de ses parents, elle ne remet jamais en cause les explications fournies par ses parents adoptifs qui lui ont d’ailleurs caché qu’elle n’était pas leur enfant naturelle.  Elle ne le découvrira qu’à l’adolescence et partira dès lors en vrille.  Il aurait été intéressant de la suivre de plus près à cet âge mais malheureusement, cette étape est survolée.

Ce n’est qu’à l’âge adulte que Pauline, qui refuse farouchement de penser à son enfance, sera contrainte par sa fille d’évoquer le sujet de son enlèvement et de ses racines.  A nouveau, j’ai trouvé assez irréaliste qu’une jeune fille dans la vingtaine parvienne en 3 coups de cuillère à pot à s’envoler à la Réunion et à y retrouver les racines de sa mère.  Le tout en étant bien entendu aidée par le playboy local dont elle tombera évidemment follement amoureuse.

En conclusion, c’est un gentil petit livre, une bonne petite romance, mais certainement pas ce à quoi je m’attendais à la lecture de son résumé.

Cardyn, Alia – Mademoiselle Papillon

Robert Laffont – 15 octobre 2020

4ème de couverture

L’histoire inouïe de Thérèse Papillon, reconnue juste parmi les nations, révèle la force de nos rêves.

Gabrielle, 30 ans, infirmière, s’occupe de grands prématurés dans un service de néonatologie intensive. L’univers de la jeune femme s’est réduit aux quelques mètres carrés de sa salle, la salle 79, où elle glisse lentement dans l’indifférence, lorsqu’elle découvre l’histoire de Mademoiselle Papillon.
En 1920, dans une France ravagée par la Première Guerre mondiale, cette infirmière de la Croix-Rouge est envoyée au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois. Alors qu’elle tente de mener à bien sa mission, la vision des enfants qui succombent dans la rue l’obsède. Une ambition se forme et prend bientôt toute la place : elle doit bâtir une maison pour les protéger.

Lorsqu’elle franchit le seuil de la sublime abbaye de Valloires, Mademoiselle Papillon est convaincue d’approcher son rêve.

Ce roman mêle le destin de deux infirmières et met en lumière une femme exceptionnelle : Thérèse Papillon, qui a sauvé des milliers d’enfants et a été reconnue Juste parmi les Nations. Après avoir mené une véritable enquête – en néonatologie mais aussi auprès de ceux qui ont connu Thérèse Papillon –, Alia Cardyn livre un hommage sensible et lumineux aux femmes qui ont l’audace d’incarner le changement.

Mon avis

Attention, coup de cœur !

Alia Cardyn nous prévient : ce roman est une œuvre de fiction et ne doit en aucun cas être considéré comme une biographie.  En effet, Mademoiselle Papillon a existé même si l’auteure a pris quelques libertés dans la narration.  Mais le fond de l’histoire est bel et bien réel, et quelle histoire !

Gabrielle, infirmière en néonatalogie, est fatiguée, plus rien ne tourne rond dans sa vie, la dépression guette.  Sa Maman est romancière et lui donne à lire son dernier manuscrit, relatant la vie de Thérèse Papillon et son ambition d’ouvrir un préventorium.

L’auteure a choisi d’alterner les époques : nous découvrons en même temps que Gabrielle les exploits accomplis par Thérèse Papillon.  La ténacité de cette infirmière qui a œuvré de 1922 jusqu’à sa mort en 1986 pour trouver un lieu d’accueil afin de soigner et d’aider tout enfant se présentant à sa porte – on parle ici de 25.000 enfants ! Durant la seconde guerre mondiale, elle n’a pas hésité un instant à accueillir et cacher des enfants juifs, ce qui lui a valu le titre de « Juste parmi les nations ».

J’ai aimé la subtilité avec laquelle la Maman de Gabrielle vient en aide à sa fille qui perd les pédales, j’ai tremblé pour Thérèse et ses petits protégés et j’ai été émue aux larmes par les pensionnaires, parents et enfants, de la Salle 79. Alia Cardyn nous offre ici un roman fort tout en pudeur, en douceur et en bienveillance.  Une très belle découverte !

Je voulais raconter une histoire sur le pouvoir du don de soi. On oublie que lorsque l’on prend soin d’un autre être humain, on prend soin de ceux qui croiseront sa route. L’amour suscite l’amour. Cela nous donne un pouvoir personnel infini.

Maeght, Sarah – Les imbattables

J.-C. Lattès – 7 octobre 2020

4ème de couverture

Après ses cours de Lettres à l’université, Victoire s’occupe de Basile. Il a neuf ans, elle en a vingt-trois. Victoire rêve de partir étudier aux États-Unis, Basile rêve d’avoir un ami, de visiter la maison de Prévert en Normandie.

Il est pointilleux sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, le « digne » et l’« indigne ». Elle vole dans les magasins, saute les portiques du métro et laisse l’horoscope décider de son humeur.

Un lundi, Basile rate le car pour son voyage scolaire. Victoire doit rester avec lui, le temps d’une semaine qui va changer leur vie.

Mon avis

Que dire d’un livre dans lequel il ne se passe pas grand-chose ? 

Victoire, 23 ans, est la baby-sitter de Basile, un enfant surdoué de 9 ans.  Basile m’a agacée dès les premières pages, avec son ton moralisateur.  Victoire est tout aussi agaçante dans la mesure où elle le laisse faire.  Vous en connaissez beaucoup de jeunes de cet âge qui accepteraient des leçons de morale d’un si petit enfant ?

Quant à l’histoire, elle parle d’amitié, d’amour, d’absentéisme parental, d’anorexie, de harcèlement scolaire.  Ou disons plutôt qu’elle survole ces sujets car aucun n’est développé malheureusement.

En conclusion, c’est une petite lecture qui ne me laissera certainement pas un souvenir impérissable et que j’aurais classée sans l’ombre d’un doute en littérature jeunesse.

Jones, Tayari – Des baisers parfum tabac

Presses de la Cité – 10 septembre 2020

4ème de couverture

« Mon père, James Witherspoon, est bigame. »

C’est par cette confession percutante que Dana Lynn Yarboro débute le récit d’une enfance pas comme les autres au sein de la communauté afro-américaine d’Atlanta, dans les années 1980. Bien que née quatre mois avant sa demi-sœur Chaurisse, Dana est pourtant l’enfant illégitime, fruit d’une union illicite. L’une est un secret à qui James rend visite une fois par semaine tandis que l’autre mène une vie stable auprès de ses deux parents, inconsciente de son privilège. L’une sait, l’autre pas. Et lorsque leurs chemins respectifs finissent par se croiser, on assiste à la naissance d’une amitié vouée à exploser.

À travers la stupéfiante histoire de la mystification d’un homme, de la complicité d’une famille et de deux sœurs, chacune tentant de trouver sa voie, Tayari Jones signe un texte éblouissant d’humanité. Si la colère, la jalousie et l’amertume hantent les pages de ce roman, elles débordent surtout d’amour. Ici pas de gagnants, juste des survivants, et un inoubliable portrait de famille sur trois générations, qui devient, au fil des ramifications, celui de tous les Noirs d’Amérique…

Mon avis

Quelles sont les répercussions des choix des parents sur la vie de leurs enfants ?

J’ai été fortement émue dès les premières pages de ce livre par cette petite fille qui montre fièrement à son père un dessin que son institutrice a trouvé magnifique et qui se fait gronder d’avoir représenté une famille qui, pour elle, semble normale : son père, l’épouse officielle et la fille officielle au centre du dessin. Elle-même et sa mère, dans la marge.

Ma famille. Mon papa a deux femmes et deux filles.

Difficile, pour une toute petite fille d’entendre son père lui dire que leur situation familiale est un secret. 

Ton autre femme et ton autre fille, c’est un secret ? […] Non. C’est le contraire, Dana. C’est toi le secret.

Un roman touchant et captivant donnant la parole à tour de rôle à l’enfant illégitime puis à l’enfant légitime, et à leurs mères à travers elles, dévoilant ainsi l’intimité, les secrets, les émotions et l’évolution de ces deux familles complexes.

Merci aux Presses de la Cité et à NetGalleyFrance pour cette belle découverte.

Follett, Ken – Le crépuscule et l’aube

Robert Laffont – 17 septembre 2020

4ème de couverture

En l’an 997, à la fin du haut Moyen Âge, l’Angleterre doit faire face à des attaques de Gallois à l’ouest et de Vikings à l’est. Les hommes au pouvoir exercent la justice au gré de leurs caprices, s’opposant non seulement au peuple, mais aussi au roi. Sans l’existence d’un État de droit, c’est le règne du chaos
Dans cette période agitée, trois personnages voient leurs destins s’entrecroiser. La vie du jeune Edgar, constructeur de bateaux, bascule quand la seule maison dans laquelle il ait jamais vécu est détruite au cours d’un raid viking, le forçant lui et sa famille à s’installer dans un nouveau hameau et repartir de zéro. Ragna, jeune noble normande insoumise, se marie par amour à l’Anglais Wilwulf et le suit de l’autre côté de la Manche.

Cependant, les coutumes de la terre natale de son époux sont scandaleusement différentes des siennes. Tandis qu’elle prend conscience que dans son entourage se joue une bataille perpétuelle et violente pour le pouvoir, elle craint que le moindre faux pas n’ait des conséquences désastreuses. Aldred, moine idéaliste, rêve de transformer sa modeste abbaye en un centre d’érudition qui serait reconnu à travers toute l’Europe. Chacun d’eux à son tour s’opposera au péril de sa vie à l’évêque Wynstan, prêt à tout pour accroître sa richesse et son pouvoir.
Trente ans après la publication des Piliers de la Terre, vendu à plus de 27 millions d’exemplaires dans le monde, Le Crépuscule et l’Aube nous transporte dans une époque historiquement riche dans laquelle se confrontent ambition et rivalité, vie et mort, amour et haine, et nous conduit aux portes des Piliers de la Terre.

Mon avis

Si vous avez aimé les Piliers de la Terre, vous ne pourrez qu’être transportés par cette histoire qui débute en 997, dans un petit bourg d’Angleterre aux prises avec les Vikings.

Ce pavé d’environ 800 pages se dévore à toute vitesse tant l’écriture est fluide.  Les personnages sont soit attachants soit assurément repoussants, mais tous sont dépeints avec une telle précision que l’on a l’impression de les connaître intimement et de vivre l’histoire à leurs côtés.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Ragna.  Elle est issue de la noblesse française et mariée à un notable Anglais dont elle est tombée éperdument amoureuse.  On pourrait dès lors croire que sa vie ressemble à un conte de fées mais, à cette époque, peu d’importance est accordée aux femmes, quel que soit leur milieu d’origine.  Ragna connaîtra la trahison et les humiliations mais cette femme forte et intelligente ne baissera jamais les bras pour parvenir à son objectif : faire régner la justice et l’égalité.

Le Crépuscule et l’Aube nous mène aux portes des Piliers de la Terre et m’a donné envie de relire ce dernier, afin de passer encore un peu de temps aux côtés des personnages de Ken Follet.

Je remercie chaleureusement les Editions Robert Laffont ainsi que NetGalley grâce à qui j’ai passé un excellent moment de lecture.

Amadou Amal, Djaïli – Les impatientes

Collas – 4 septembre 2020

4ème de couverture

Ramla, Hindou et Safira. Trois femmes, trois histoires, trois destins liés.
Ce magnifique roman retrace le destin de Ramla, 17 ans, arrachée à son amour pour être mariée de force avec Alhadji Issa, un homme riche et déjà marié. Hindou, sa soeur du même âge, est contrainte d’épouser Moubarak, son cousin, alcoolique, drogué et violent. Quant à Safira, 35 ans, la première épouse d’Alhadji Issa, elle voit d’un très mauvais oeil l’arrivée dans son foyer de la jeune Ramla, qu’elle veut voir répudiée.
Pour les aider dans cette étape importante et difficile de leur vie, leur entourage ne leur donne qu’un seul et même conseil : patience !
Mariage précoce forcé, viol conjugal, consensus et polygamie, avec Les Impatientes, Amal brise les tabous en dénonçant la condition de la femme dans le Sahel et nous livre un roman bouleversant sur la question universelle des violences faites aux femmes.

Mon avis

Basé sur l’histoire vraie de l’auteure, ce livre court et révoltant dépeint le sort de 3 femmes au Sahel, au sein d’une communauté dans laquelle le mâle règne en maître suprême.

Elles sont jeunes, elles ont des rêves et de l’ambition mais… elles n’ont strictement rien à dire, rien à décider, rien à espérer dans cette société gouvernée par les pères, les oncles et les maris. Tout ce qu’on leur demande, ou plutôt ce qu’on exige d’elles, c’est munyal, munyal, patience, patience. Mais patience pour quoi ? Patience pour parvenir à supporter les humiliations, les mariages forcés, les coups, les viols conjugaux. Car, si elles sont traitées de la sorte, à qui la faute ? A elles bien entendu!

Je ne sais pas ce que j’ai trouvé le plus révoltant : l’attitude des hommes ou celle de toutes ces tantes qui, ayant pour la plupart vécu le même calvaire que ces jeunes filles, s’arrogent pourtant le droit de les sermonner et de les convaincre que tout est de leur faute. Que leur quotidien pourrait être bien meilleur si elles faisaient preuve d’un peu plus de munyal, munyal.

Un témoignage poignant d’un quotidien inconcevable pour nous, occidentales.

Le paradis d’une femme se trouve aux pieds de son époux.

Theveny, Sébastien – 8 minutes de soleil en plus

Auto Edition – 7 mai 2019

4ème de couverture

Quand la volonté est plus forte que la mort. Jules a treize ans et il est condamné. Atteint de mucoviscidose, il sait qu’un jour tout doit finir. Or Jules a un rêve : rencontrer son idole de toujours, Roger Federer. Pour cela, il est prêt à braver toutes les épreuves. Seul à seul avec son père, Jules va tenter de se rendre, à vélo, jusqu’à Wimbledon. Il sait que le Maestro du tennis mettra bientôt un terme à sa carrière. Dans son cœur, c’est cette année… ou jamais ! Ce road-trip sera aussi, pour le père et le fils, le moyen d’apprendre à se retrouver, à panser les blessures et les non-dits du passé… Un voyage initiatique et rédempteur, entre un père et son fils, face à l’inexorable.

Mon avis

Très honnêtement, voilà le genre d’ouvrage que je n’aurais jamais choisi de lire. Etant maman d’un enfant décédé des suites d’une maladie grave, j’évite au maximum de me replonger dans le sujet.

Mais j’avais donné ma parole à l’auteur, je l’ai donc tenue. Et j’ai très bien fait !

Ce livre est un concentré de douceur et de tendresse. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le choix de l’auteur de nous faire vivre l’histoire du point de vue du papa, fait rare dans les romans du genre.

J’ai donc fait ce road-trip en compagnie de Jules et Paul. J’ai partagé leurs joies, leurs peines, leurs confessions et leurs espoirs aussi intensément que si j’étais en train de pédaler à leurs côtés et non pas vautrée dans mon canapé.

Sébastien Theveny nous offre ici du vrai et de l’intense. Pour cela, bravo et merci!

Rao, Shobha – J’irai te chercher jusqu’au bout du monde

XO Edtions – 27 août 2020

4ème de couverture

Poornima a tout juste seize ans. Après la mort de sa mère, comme toutes les Indiennes de son âge, elle attend que son père lui choisisse un mari. Mais lorsqu’elle rencontre Savitha, jeune femme indépendante et débordante de joie, son horizon s’ouvre enfin. Le village ne lui paraît plus aussi étouffant. Peut-être même, se dit-elle, qu’une autre vie existe, au-delà d’un mariage arrangé…

Une vie, pas un enfer. Car Savitha, victime d’un acte d’une cruauté extrême, doit prendre la fuite. Bouleversée, Poornima laisse tout derrière elle pour partir à la recherche de son amie. son périple l’amènera aux États-Unis, dans l’univers abject de la pègre indienne de Seattle. C’est là qu’elles se retrouveront et affronteront l’esclavage sexuel, les mutilations, la captivité.

Courageuses, déterminées, elles n’oublieront jamais l’espoir qui les anime. Et finiront par vaincre le pire de la société des hommes.

Mon avis

Quelle magnifique histoire d’amitié !

Poormina et Savitha sont deux jeunes filles de condition plus que modeste, pour qui une banane et une boule de riz représentent un repas de fête. Malgré cela, elles sont heureuses, pétillantes et bienveillantes. Ce n’est malheureusement pas le cas de leur entourage pour qui les femmes ne sont que des objets sans droits et sans valeur.

Savitha fuit son village après y avoir vécu une expérience traumatisante. Quelques années plus tard, c’est au tour de Poormina de plier bagage avec une seule idée en tête : retrouver son amie. La route sera longue, elles devront affronter la prostitution, les mutilations et l’esclavage. Quel prix est-on prêt à payer par amitié ? En le découvrant, j’ai été submergée par un torrent de sentiments tels que la haine, la pitié, la compassion et la colère.

Malgré la cruauté de la vie de ces deux pauvres jeunes filles, ce roman est magnifique car l’auteur parvient à nous faire sentir l’Inde et à nous embarquer, dès les premières pages, dans ce voyage d’amitié féminine. Un livre que l’on referme, sachant qu’il nous poursuivra durant un bon moment encore.