Saussey, Jacques – Sens interdit[s]

La Mécanique Générale – 20 mai 2021

4ème de couverture

Un enfant noyé dans les bois. Aucune trace de violence. Comme tous les autres.

Le scalpel paraît survoler la peau diaphane, mais la chair s’écarte d’un seul coup, comme trop tendue d’avoir patienté durant des heures dans l’eau de l’étang. Une eau noire et nauséabonde coule de la bouche de l’enfant sur le feuillard en inox entouré d’un film étanche de vinyle.

De ma main gauche gantée de latex, j’écarte doucement les bords de la plaie que je viens d’ouvrir dans l’abdomen verdi et gonflé par la putréfaction. Le petit garçon n’est pas mort depuis plus de deux jours…

Mon avis

L’embaumeur est une série de romans policiers mettant en scène Luc Mandoline, thanatopracteur.

Divers auteurs de littérature noire se sont prêtés à l’exercice de rédaction d’une histoire relativement courte mêlant action, humour noir, cynisme et enquête.  Une histoire dans laquelle ils peuvent se lâcher, ne devant pas nécessairement se soumettre aux contraintes de leur maison d’édition habituelle.  Le résultat est un pur régal !

Jacques Saussey a joué le jeu et Sens Interdit[s] est paru en 2015, avant d’être tout récemment republié en format de poche.

Grande fan de cet auteur dont j’ai dévoré tous les ouvrages, quel ravissement de découvrir ce que cela donne quand Jacques se lâche.  J’ai aisément reconnu sa plume mais je ne me doutais pas un seul instant que Jacques soit un tel petit chenapan !

Voici donc un livre que je recommande vivement et au sujet duquel j’ai hâte de débattre avec lui fin octobre, lorsqu’il viendra à Bruxelles pour la 3e édition du Salon de l’Iris Noir, dont il sera le parrain.

Marsons, Angela – Nos monstres

Belfond – 3 juin 2021

4ème de couverture

Un homme est retrouvé mort à la sortie d’un pub des Midlands, son corps lacéré de coups de couteau. Un ex-taulard, condamné pour viol. Chargée de l’affaire, l’inspectrice Kim Stone débusque rapidement la coupable : Ruth, une ancienne victime. Simple vengeance ? Sauf que quelque chose ne colle pas. Pour comprendre les raisons de ce passage à l’acte, la policière se tourne vers Alex Thorne, une psychiatre reconnue qui suivait Ruth depuis des mois. Dès lors, leurs chemins n’en finissent plus de se croiser. D’autres meurtres vengeurs, sauvages, d’autres assassins aux profils inattendus, avec un lien en commun : Alex Thorne. Que se passe-t-il dans le cabinet du Dr Thorne ? Quelle thérapie propose-t-elle à ses patients ? Et pourquoi Kim se sent-elle menacée par cette psychiatre qui semble si bien la connaître ?

Brutal, addictif et extrêmement brillant, un thriller psychologique d’envergure qui fouille les recoins les plus sombres de l’âme humaine, à la recherche de ces monstres qui nous habitent.

Mon avis

Ici, pas de démarrage en douceur ou de perte de temps en détails superflus : l’action débute dès les premières lignes, par l’intervention de l’équipe de l’Inspectrice Kim Stone chargée de l’arrestation d’un homme sur qui pèsent de gros soupçons de pédophilie.

Kim est un personnage fort, qui mène son équipe d’une main de fer mais chez qui l’on soupçonne de profondes blessures.

Alex Thorne, psychiatre sociopathe, est l’autre personnage fort de ce récit.  Une femme froide, dépourvue de scrupules et de sentiments, manipulant ses patients et les poussant au meurtre.

Les chemins de ces deux femmes fortes ne vont pas tarder à se croiser.  Et qui dit passé douloureux chez l’une et maîtrise en manipulation psychologique chez l’autre, dit forcément tension pour le plus grand plaisir du lecteur !

Nos monstres est un thriller relativement classique, regroupant les ingrédients habituels de ce genre littéraire : un flic cabossé, des meurtres, des rebondissements et, malheureusement, une fin un peu tirée par les cheveux, comme c’est souvent le cas dans ce type d’ouvrages.

Ceci dit, j’ai néanmoins apprécié cette lecture et ai particulièrement aimé le personnage d’Alex.  Lire les événements de son point de vue, au travers de sa vision déformée du bien et du mal, fut une expérience très intéressante.

Je remercie donc vivement NetGalleyFrance ainsi que les éditions Belfond pour ce partage.

Combalbert, Laurent – Négo

Calmann-Lévy – 3 février 2021

4ème de couverture

Chaque ultimatum peut être le dernier… Son métier, c’est de trouver une issue. Non fatale.
Stanislas Monville est négociateur professionnel. Il intervient dans les kidnappings, les séquestrations, les extorsions… Ses années de service dans les forces spéciales comme les missions privées qu’il conduit désormais lui ont donné un instinct très sûr pour repérer les situations à risque.
Aussi, lorsqu’il est contacté pour prendre en charge une négociation ultrasecrète autour du plus grand conservatoire de la biodiversité au monde, il sent bien un piège, mais la curiosité l’emporte. Très vite, il comprend qu’il a mis les pieds dans un engrenage dangereux, où l’écologie rime avec violence et fanatisme, et où chaque ultimatum risque d’être le dernier.

Un thriller haletant et original qui respire la vérité…

Mon avis

J’ai eu la grande chance de rencontrer, il y a quelques jours, René Manzor et Laurent Combalbert à la Librairie Filigranes (Bruxelles).

J’avoue avoir fait le déplacement afin d’obtenir une dédicace de l’excellent A Vif de René Manzor et de m’entretenir avec cet homme que je ne me lasse pas d’écouter.

Je n’avais jamais entendu parler de Laurent Combalbert mais quelle belle découverte ! En effet, le parcours professionnel de cet homme est absolument fascinant : il débute en tant qu’officier de police, intègre ensuite le Raid et monte une première équipe de négociateurs.  Il se forme ensuite à Scotland Yard avant de se spécialiser au sein de l’Académie du FBI de Quantico et décroche le diplôme de négociateur de crise. A son retour en France, il participe à la fondation de la branche négociation du Raid. Il intervient dans la libération d’otages, les kidnappings, la reddition de forcenés.

Il quitte la fonction publique en 2014 et fonde, avec son associé, une agence de négociateurs intervenant dans les cas de kidnapping, prises d’otages, comportements suicidaires, extorsions, grèves de la faim, ransomware, négociations commerciales, diplomatiques ou thérapeutiques, plans sociaux, séquestrations.

Laurent Combalbert est l’auteur des nombreux ouvrages traitant de négociation et Négo est son premier thriller.

Vous comprendrez donc aisément qu’après avoir l’avoir longuement écouté parler de sa carrière, je me suis plongée dans la lecture de ce bouquin.

L’histoire démarre sur les chapeaux de roue, nous faisons connaissance de Stanislas Monville et de son équipe négociant afin d’obtenir la libération d’un enfant victime de kidnapping.  Cette affaire étant rapidement résolue, l’auteur nous embarque par la suite dans un autre style de négociation, mêlant politique, finances et écologie.

Je dois avouer que je commence un peu à me lasser des thrillers écologiques et redoutais donc de ne pas apprécier la suite de ma lecture.  Il n’en fut rien car Laurent Combalbert a réussi à me tenir en haleine grâce à une tension psychologique extrême mêlée à de nombreux rebondissements, faisant dès lors passer l’écologie au second plan.

Et en parlant de rebondissements, accrochez-vous car ça rebondit jusqu’à la dernière page !  Bonne lecture à toutes et à tous.

Collectif – Toucher le noir

Belfond – 3 juin 2021

4ème de couverture

Onze grands noms du thriller français nous font toucher le noir, jusqu’au creux de l’âme…

Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Mickaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalèse, Danielle Thiéry, Franck Thilliez. Ces onze auteurs prestigieux, maîtres incontestés du frisson, nous entraînent dans une exploration sensorielle inédite autour du toucher. Avec eux, vous plongerez dans les plus sombres abysses, effleurerez la grâce et l’enfer d’un même geste, tutoierez l’horreur du bout des doigts…
Dix nouvelles inédites pour autant d’expériences tactiles, éclectiques, terrifiantes et toujours surprenantes.

Oserez-vous frôler le noir d’aussi près ?

Mon avis

Imaginez recevoir une boîte de vos chocolats préférés.  Vous en mangez 2 ou 3 et tentez de vous convaincre que ça suffit, qu’il faut en garder pour demain.  Oh et puis zut, encore 1 et je range la boîte.  Et en fin de compte, la boîte est vide !

Voilà exactement ce qui m’est arrivé avec ce recueil de nouvelles.  Impossible de résister lorsque l’on tient entre les mains un ouvrage rédigé par de grands noms de la littérature noire, sous la direction d’Yvan Fauth : Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Michaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalese, Danielle Thiéry, Franck Thilliez.

Chacun de ces auteurs, dont je dévore les romans, a son style propre que l’on retrouve dans ces nouvelles.  Bravo à eux d’avoir réussi haut la main le pari difficile de camper en très peu de pages leurs personnages, les atmosphères et l’action et de convaincre la lectrice exigeante que je suis. 

Un grand merci à NetGalley ainsi qu’aux Editions Belfond de m’avoir permis de frissonner, trembler et palpiter en avant-première !

Bal, Olivier – La forêt des disparus

XO Editions – 22 avril 2021

4ème de couverture

« Dans cette forêt, tu peux toujours y entrer, mais tu n’en sortiras jamais… »

Des murs d’arbres géants, séquoias millénaires qui se referment comme un piège. Des randonneurs qui disparaissent sans laisser de traces. Il ne fait pas bon traîner dans les bois de Redwoods, au bord du Pacifique, dans l’Oregon.

Au cœur de cette forêt maudite, un homme vit isolé de tous. Ici, on l’appelle l’Étranger. En réalité, son nom est Paul Green, un ancien journaliste qui a connu son heure de gloire avec l’affaire Clara Miller.

Un soir, une jeune adolescente, Charlie, vient frapper à sa porte. Elle est blessée, paniquée. Pour elle, Paul est le seul à pouvoir l’aider. Car là-bas, au milieu des arbres, Charlie a connu l’horreur…

L’histoire d’un secret terrifiant.
Un thriller diabolique et haletant.

Mon avis

Quel plaisir de retrouver Paul Green, ce journaliste qui avait fait son apparition dans L’affaire Clara Miller du même auteur.  Je suis fan de ce personnage, solitaire au grand cœur.

Olivier Bal nous emmène en forêt mais pas question ici de pique-nique ou de balade de santé. Il s’agit plutôt d’un rendez-vous avec la mort dans cette forêt qui borde la petite ville de Redwoods, dont les habitants cachent quantité de secrets.

Olivier nous propose un roman choral, style auquel je n’accroche généralement pas car rares sont ceux qui ne me laissent pas une impression de répétition.  L’auteur a ici réussi l’exploit de donner la parole en alternance aux divers protagonistes tout en faisant évoluer l’histoire, pour mon plus grand bonheur.

Mais ce que j’ai apprécié par-dessus tout, c’est le rythme de l’histoire.  La tension monte crescendo sans jamais tomber dans l’improbable. Voici donc un excellent roman que je recommande vivement.

Paul Green va me manquer mais puisque ce n’est qu’un au revoir et non un adieu, je serai patiente.  Car oui, Olivier Bal m’a confirmé, je cite, « Quant à Paul Green… j’aimerais bien reprendre de ses nouvelles, oui ! »

Envie de découvrir la bande-annonce ? C’est ici que ça se passe.

Charine, Marlène – Inconditionnelles

Calmann-Lévy – 7 avril 2021

4ème de couverture

TROIS MÈRES, UNE FLIC ET CETTE QUESTION : QUE MÉRITE CELUI QUI A BRISÉ UN ENFANT ?

« Venez ! Elles sont là ! » La capitaine Silke Valles et son équipe viennent d’investir une maison délabrée sur les hauteurs d’Annecy. Au sous-sol, une des trois fillettes enlevées dix jours auparavant gît, inconsciente, dans une baignoire remplie de glace. Les deux autres sont recroquevillées à côté, terrifiées mais indemnes.
Le ravisseur a été abattu dans l’assaut, l’affaire est donc officiellement close. Et pourtant, insidieusement, d’indice en indice, une interrogation fait son chemin dans l’esprit de la capitaine Valles, mais aussi dans celui de Garance, Cora et Blandine, les mères des trois fillettes : et si ça n’était pas fini ?

Mon avis

Grosse déception !

Je me suis ennuyée tout au long de cet ouvrage.  Dès les premières pages, les fillettes sont retrouvées et le ravisseur est abattu.  Ensuite, il ne se passe pas grand-chose.  De longues pages à lire le désarroi des parents, à suivre trois femmes dépeintes de façon tellement caricaturale que ça en devient pénible.

De coïncidences en coïncidences plus invraisemblables les unes que les autres, l’auteure tente de garder le lecteur en haleine, avec une pseudo-enquête visant à trouver un éventuel complice.  Malheureusement la sauce n’a pas pris chez moi.

J’ai refermé ce livre avec un ouf de soulagement, ravie de pouvoir enfin passer à autre chose. 

Menegaux, Mathieu – Femmes en colère

Grasset – 3 mars 2021

4ème de couverture

Cour d’Assises de Rennes, juin 2020, fin des débats (auxquels le lecteur n’a pas assisté): le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Qu’a-t-elle fait ? Doit-on se fier à ce que nous apprennent les délibérations à huis-clos, ou à ce que révèle le journal que rédige la prévenue qui attend le prononcé du jugement ?

Accusée de s’être vengée de manière barbare de deux hommes ayant abusé d’elle dans des circonstances très particulières, Mathilde Collignon ne clame pas son innocence, mais réclame justice. Son acte a été commenté dans le monde entier et son procès est au cœur de toutes les polémiques et de toutes les passions. Trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher. Doivent-ils faire preuve de clémence ou de sévérité ? Vont-ils privilégier la punition, au nom des principes, ou le pardon, au nom de l’humanité ? Avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ?

Nous plongeons en apnée dans cette salle des délibérations d’un jury de cour d’assises. Neuf hommes et femmes en colère qui projettent sciemment ou inconsciemment sur l’écran de cette affaire le film intérieur de leur propre existence…

Mon avis

J’ai envie aujourd’hui de vous parler d’un petit bijou que j’ai dévoré en quelques heures : Femmes en colère de Mathieu Menegaux.

Après 3 années d’incarcération, Mathilde attend maintenant l’issue de son procès. Les jurés viennent de se retirer afin de délibérer sur son sort.

Le lecteur est invité à partager les pensées de Mathilde dans ce cachot au sein du palais de justice mais également à suivre les délibérations des jurés. C’est de cette façon que le lecteur prendra connaissance, petit à petit, de ce qui a mené Mathilde à être accusée d’actes de torture.

Quand je pense que, dans ce procès, je suis l’accusée et que les deux salopards sont les parties civiles. Je voudrais tout reprendre à zéro. Je voudrais qu’on remette les choses à leur place : je suis la victime et ils sont les bourreaux.

Un roman court, intense, révoltant, passionnant, haletant.

Force est de constater qu’il reste encore énormément de chemin à parcourir afin de parvenir à une véritable égalité des sexes. Merci donc à Mathieu Menegaux de se positionner du côté des femmes dans cet ouvrage.

Favan, Claire – La chair de sa chair

Harper Collins – 3 mars 2021

4ème de couverture

Moira O’Donnell c’est, derrière le feu des boucles rousses et l’énergie inépuisable, une femme qui lutte pour garder la tête hors de l’eau.
C’est une vie d’adulte démarrée trop tôt.
Ce sont trois gamins livrés à eux-mêmes et autant de boulots cumulés pour les nourrir.
Ce sont des pères absents : le premier, incarcéré le plus longtemps possible, croit-elle, et le second, suicidé.
C’est une culpabilité sans fin.
Moira O’Donnell, c’est la solitude d’une mère de famille dure au mal qui se bat, tombe et renaît. Pour ses enfants. Et avec eux. À la vie, à la mort.
Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie.

Mon avis

La parution d’un nouveau roman de Claire Favan est pour moi un moment attendu avec impatience.  Dès lors, je me suis ruée sur La Chair de sa Chair dès sa parution et je l’ai littéralement dévoré.

10 pages avant la fin, j’ai fait une pause de lecture.  Non pas parce que j’en avais marre ou que le livre ne m’intéressait plus, mais uniquement pour ne pas le terminer trop vite et retarder ce moment de manque inévitable qui survient lorsque je termine un excellent ouvrage.

J’ai lu tous les romans de Claire.  La plupart m’ont enchantée mais ma préférence allait jusqu’à présent à l’excellent Le Tueur IntimeLa Chair de sa Chair le rejoint sur le podium des ouvrages qui marquent et après lesquels il est difficile de se plonger immédiatement dans une autre lecture.

On retrouve ici tout le machiavélisme dont Claire Favan est capable.  Elle joue avec ses personnages (et avec ses lecteurs !), les manipule, les torture psychologiquement, sans jamais en faire trop ni trop peu, sans tomber dans les clichés ou la facilité.

Une lecture dont on ressort essoufflé, chamboulé et estomaqué car, si l’on pense connaître le mode de fonctionnement de Claire, une fois de plus, elle offre au lecteur un final totalement inattendu.

Je dis bravo et j’applaudis des deux mains !

Villain, Isabelle – A pas de loup

Taurnada Editions – 14 janvier 2021

4ème de couverture

Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s’installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein cœur des Alpes-de-Haute-Provence, c’est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons.
Mais l’équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s’infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique.

Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar..
Votre pire cauchemar…

Mon avis

J’ai fait la connaissance d’Isabelle Villain au Salon de Raimbeaucourt fin 2019.  Une nana énergique, souriante et très sympathique qui m’a donné envie de découvrir son univers littéraire.  J’ai dévoré Mauvais Genre ainsi que Blessures Invisibles, deux polars mettant en scène Rebecca de Lost et son équipe d’enquêteurs.

C’est donc avec impatience que j’attendais de découvrir A pas de loup.  C’est maintenant chose faite et je suis déçue.  Je n’ai pas accroché au sujet écolo-bobo ni aux personnages dont la philosophie de vie est à mille lieues de la mienne.

Isabelle nous vend un thriller. A mon humble avis, ce n’en est pas un.  Je n’ai ressenti aucune tension, n’ai rencontré aucun mystère à percer et, si le passage avec l’enfant est le mystère/la tension,  c’est très mal mené dans la mesure où l’auteure nous dévoile immédiatement ce qui lui arrive.

Je suis néanmoins heureuse d’avoir lu ce livre car maintenant je sais que je continuerai à suivre Isabelle Villain lorsqu’elle écrira des polars, mais certainement plus lorsqu’il s’agira de thrillers.

Guilbert, Victor – Douve

Hugo Thriller – 7 janvier 2021

4ème de couverture

Le gamin a Douve dans les veines.

Cette phrase, prononcée par son père quand il n’était encore qu’un enfant, l’inspecteur Hugo Boloren ne l’a jamais oubliée. Alors quand il apprend qu’un meurtre a eu lieu à Douve, il y voit un signe. Son père est mort, l’Alzheimer a dilué les souvenirs de sa mère ; c’est sa dernière chance de comprendre en quoi ce village perdu au milieu d’une forêt de sapins lui coule dans les veines.

Tout ce qu’il sait, c’est que son père, policier lui aussi, a été envoyé à Douve il y a quarante ans pour enquêter sur la fuite médiatisée d’un Islandais accusé de meurtre, et que sa mère, journaliste, l’a accompagné pour écrire un livre sur l’affaire.

Que s’est-il passé là-bas et pourquoi ont-ils toujours refusé d’en parler ?

Armé du livre écrit par sa mère, Hugo Boloren va plonger dans ce village peuplé d’habitants étranges, tous unis par un mystère qui semble les hanter. Au fil de son enquête, une question va bientôt s’imposer : et si le meurtre qui a récemment secoué le village était lié au séjour de ses parents, quarante ans plus tôt ?

Mon avis

Hugo, inspecteur de police, pose ses congés et se rend à Douve.  Principalement pour découvrir pourquoi son père a un jour dit « ce gamin, il a Douve dans les veines ». 

Douve, ce sera tout sauf du repos : lorsque Hugo y arrive, un meurtre vient d’être commis dans ce village inhospitalier peuplé d’habitants qui n’ont absolument aucune envie de voir un étranger fourrer son nez dans leurs affaires.

J’ai adoré l’atmosphère de ce livre mais j’ai surtout eu un énorme coup de cœur pour Hugo.  Un personnage qui ne sait pas mentir, ce qui va d’ailleurs lui poser quelques soucis.  Il n’est ni autiste ni niais, même si à plusieurs reprises son comportement pourrait le laisser penser.  Sa personnalité est terriblement attachante, je me suis surprise à plusieurs reprises à penser « rentre à Paris Hugo, laisse Douve et les tarés qui peuplent ce village se débrouiller entre eux ».  Hugo est un personnage vrai que l’on ne peut s’empêcher de vouloir materner.

Ce livre m’avait été recommandé par un ami très exigeant en matière de polars/thrillers.  Je n’ai vraiment pas été déçue et à mon tour, je vous le recommande vivement.