Goldberg, Lee Matthew – Mentor

Hugo et Compagnie – 5 octobre 2017

4ème de couverture

Tout semble sourire à Kyle Broder, jeune éditeur dans une grande maison d’édition new-yorkaise. Lorsque Kyle est contacté par William Lansing, son professeur à l’université, il est ravi et décide de présenter son mentor à sa charmante petite amie, Jamie. À cette occasion William propose à Kyle le manuscrit d’un texte sur lequel il travaille depuis de nombreuses années.

Au départ, Kyle est enchanté à l’idée de le publier, mais après avoir lu quelques pages, il est profondément choqué par la perversité du récit.

Lorsque Kyle en refuse la publication, William commence à ruiner la vie de l’éditeur, s’en prenant successivement à son chat, sa copine et son auteur vedette. Kyle est alors obligé de se replonger dans le roman de William, Devil’s Hopyard et il découvre alors que le livre fait étrangement écho à l’histoire de la disparition non élucidée de Mia – sa petite amie à l’université – et ressemble cruellement à la confession d’un criminel.

Mon avis

Attention, coup de coeur !

Un rythme soutenu, une tension psychologique qui augmente au fil des chapitres, à tel point qu’il est par moments tentant de faire des pauses dans la lecture, exercice terriblement difficile car ce livre est impossible à lâcher. Des personnages manipulés à qui on a envie de venir en aide et un final magistral.

Après ma lecture, j’ai pris contact avec Lee Matthew Goldberg car j’aime échanger avec les auteurs de mes romans coups de coeur et en découvrir un peu plus à leur sujet. Lee Matthew est terriblement gentil et disponible et nos échanges se sont fort heureusement déroulés dans une ambiance bien moins pesante que celle présente dans Mentor !

Ne reste plus maintenant qu’à attendre la sortie de son prochain roman (et sa traduction française) sur lequel je me jetterai les yeux fermés !

Villain, Isabelle – Mauvais genre

Taurnada Editions – 15 novembre 2018

4ème de couverture

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passé au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

Mon avis

Un mot, un seul, pour résumer cet ouvrage : bravo !

J’ai eu la chance de rencontrer Isabelle Villain au Salon de Raimbeaucourt fin 2019 et, ne connaissant pas son univers, je lui ai demandé de m’en parler, ce qu’elle a fait avec plaisir et enthousiasme.

Elle m’a expliqué s’être renseignée auprès de policiers, psys et divers professionnels pour s’assurer que son bouquin tenait la route. Et résultat : je confirme, il tient la route et tient surtout le lecteur en haleine.

Des chapitres courts, de nombreux rebondissements, une enquête rondement menée, des personnages attachants, une fin parfaite dont je ne peux pas parler sans spoiler.

Bref, un excellentissime moment de lecture en compagnie de Rebecca et son équipe, que j’ai hâte de retrouver dans le volume suivant. Et ça tombe bien, il est revenu lui aussi avec moi de Raimbeaucourt !

Morello, Lorenzo – Le chien qui souriait en repensant à sa vie

Editions Poussière de Lune – 1 octobre 2018

4ème de couverture

« C’est vrai qu’un chien qui sourit en repensant à sa vie, ça peut sembler bizarre. Mais ne vous fiez pas trop vite aux apparences ! Tenez, moi par exemple, couché dans la salle d’attente du vétérinaire où prendra bientôt fin cette exaltante existence et malgré des douleurs à l’abdomen que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi, eh bien, je souris. En repensant à cette vie et à la précédente, à la carrière d’architecte qu’il m’a fallu abandonner pour celle, non moins prestigieuse, de chien de compagnie. Je souris en repensant à Martine, mon épouse devenue maîtresse. Surtout, je souris en repensant à Hugues, mon enfant pour qui, à défaut d’être un bon père, j’aurai été un bon chien. »

Mon avis

Foire du Livre de Bruxelles, février 2019. Mon planning des auteurs à rencontrer sous le bras, je savais qui je voulais voir et je savais quels bouquins je comptais me procurer.

Quelques heures plus tard, mon tour achevé, il est temps de partir mais, parce qu’il est difficile de quitter un tel endroit, je m’autorise une dernière halte au tout dernier stand que l’on rencontre avant la sortie. Juste histoire de prolonger le plaisir car je ne connais pas les auteurs qui y sont présents et, à première vue, les livres proposés ne sont pas ma tasse de thé. 

Lorenzo Morello me parle de son roman. Mwais… j’sais pas… un père qui revient sous la forme d’un chien… bof bof… de fil en aiguille, on parle de sensibilité, de Samuel le Bihan… et je me laisse convaincre, j’achète son bouquin en me disant que ce sera une gentille petite lecture feel-good et délassante entre 2 thrillers.
Tu parles Charles !

Ce bouquin m’a fait rire dès la première page :

Merde, je vais pas mourir en écoutant Pascal Obispo, putain ! Pas Pascal Obispo !

Je me dis c’est bon, j’suis dans mon roman feel-good du dimanche. Mais que nenni ! Je suis passée du rire aux larmes, incapable de déposer ce livre bouleversant.

Comme quoi, on peut faire de belles découvertes en sortant de temps en temps de sa zone de confort.

Bravo et merci Lorenzo pour ce petit bijou.

King, Stephen – Elévation

Le Livre de Poche – 3 avril 2019

4ème de couverture

Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ?

Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

Mon avis

Quelle étrange sensation de lire un roman feel-good signé Stephen King. Il y a bien entendu du surnaturel, comme dans la plupart de ses ouvrages, mais l’histoire est gentille et tendre, ce à quoi le King ne m’a pas vraiment habituée. Petit plus, Stephen King fait passer de façon très subtile un message au sujet de l’euthanasie et de l’homosexualité.

Qui aurait cru qu’un jour « feel-good » et « Stephen King » se retrouveraient dans la même phrase !

Cleave, Paul – Cauchemar

Sonatine – 7 novembre 2019

4ème de couverture

Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.
Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie. Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel. Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence. L’auteur d’Un Employé modèle et de Ne fais confiance à personne nous revient plus en forme que jamais avec ce thriller d’une efficacité rare, entêtant comme un cauchemar récurrent.

Mon avis

Paul Cleave nous offre ici un thriller haletant, aux nombreux rebondissements. A ce niveau-là, rien à redire, c’est efficace et, pris par le rythme effréné, le lecteur dévore se lecture à grande vitesse et en ressort épuisé et complètement chamboulé.

Cependant, j’ai été déçue par le côté beaucoup trop rocambolesque de ce livre. En effet, Noah, le héros de cette histoire, pourrait sans aucun doute être le fruit de l’union de MacGiver et Bruce Willis. Dommage car l’écriture et le thème sont bons, mais cet héros invincible et multi-résistant, c’est un peu trop surréaliste à mon goût.

Fitzek, Sebastian – Siège 7A

L’Archipel – 5 mars 2020

4ème de couverture

Mats Krueger, psychiatre renommé qui vit désormais à Buenos Aires, est contraint de surmonter sa phobie de l’avion quand sa fille Nele, avec qui il a perdu contact depuis des années, lui annonce qu’elle est sur le point d’accoucher.
Quand il prend place à bord du vol qui doit le mener à Berlin, il ne se doute pas encore qu’il aura à affronter le pire – ni les turbulences ni les trous d’air n’en seront la cause… Peu après le décollage, Mats reçoit un appel anonyme en forme d’ultimatum. Sa fille vient d’être enlevée. S’il veut éviter qu’elle et son bébé soient exécutés, il n’a d’autre choix que de provoquer le crash de l’avion… Pour cela, on lui suggère de manipuler mentalement Kaya, l’une des hôtesses, qui n’est autre qu’une de ses anciennes patientes. Mais quel rôle joue-t-elle vraiment ?

Mon avis

Grosse déception !

J’avais beaucoup aimé Ne les crois pas et L’inciseur du même auteur mais ce livre-ci, malgré un résumé alléchant, a filé tout droit dans la liste des mes lectures abandonnées.

Mats est psy, a une phobie de l’avion et doit prendre un vol de plus de 13 heures pour rentrer à Berlin où sa fille, avec qui les relations ne sont pas au beau fixe, est en train d’accoucher. Elle a perdu les eaux et pas de bol, c’est à ce moment qu’elle se fait kidnapper.

Lui, là-haut dans les airs, il a le wifi, le téléphone et tout ce qu’il faut pour contacter sa collègue psy, qui se marie dans 6 heures, mais comme elle a toujours des sentiments pour lui après une seule et unique nuit passée ensemble, elle se lance en tant qu’enquêtrice pendant que lui manipule une hôtesse de l’air, qui est une de ses ex-patientes, pour faire crasher l’avion comme demandé par les ravisseurs de sa fille (qui au passage est séropositive aussi tant qu’à faire), seule solution pour la sauver.

C’est bon, stop là…

Hunter, Cara – Sous nos yeux

Bragelonne – 16 mai 2018

4ème de couverture

Alerte enlèvement : la petite Daisy Mason, 8 ans, a disparu lors d’une fête, donnée dans le jardin de ses parents. Elle était déguisée en pâquerette : elle portait une robe, des collants et des chaussures vertes, ainsi qu’une coiffe avec des pétales blancs. Et personne n’a rien vu. L’inspecteur Adam Fowley, qui prend en charge l’enquête, sait bien que, dans 90% des cas, c’est un proche qui a fait le coup. Il a lui-même perdu un fils, Jake, quelques mois plus tôt. Or, la famille de Daisy compte son lot d’étranges individus : sa mère fait ce qu’elle peut pour préserver les apparences, son père se montre systématiquement sur la défensive, et le petit frère ne dit pas un mot… Le vernis de respectabilité si cher à ce quartier de la classe moyenne s’effrite peu à peu sous la pression de l’enquête, des rumeurs et des réseaux sociaux.

Les Mason, famille modèle, préfèrent parfois le mensonge par omission à la vérité, et des secrets inavouables sont sur le point d’éclater… Un suspense électrisant pour les fans de B. A. Paris (Derrière les portes), Lisa Gardner (Famille parfaite) et Shari Lapena (Le Couple d’à côté). Multipliant habilement les points de vue (police, réseaux sociaux, presse, etc.), Cara Hunter orchestre avec brio un suspense d’une intensité soutenue. Une enquête trouble, pleine de faux-semblants, de pistes surprenantes, de révélations inattendues, qui dessine une coupe transversale de la classe moyenne de la banlieue d’Oxford, où ambitions, réussite et réputation sont des valeurs plus élevées que l’épanouissement personnel.

Mon avis

La petite Daisy, 8 ans, disparaît lors d’un barbecue dans le jardin familial. Le thème du kidnapping d’enfants est à la mode ces derniers temps et, déçue par ma précédente lecture sur le sujet, à savoir « L’homme aux murmures », j’avoue avoir hésité à modifier l’ordre de lecture de ma PAL.  Heureusement que je ne l’ai pas fait, je serais passée à côté d’un très bon moment de lecture !

L’enquêteur principal, Adam Fawley, est un personnage parfaitement crédible, loin de la caricature récurrente du flic alcolo dépressif que l’on retrouve malheureusement trop souvent dans la littérature policière.  Il nous entraîne dans une enquête soignée et minutieuse, ne laissant aucune place aux coïncidences.

De certitudes en fausses pistes, en passant par de nombreux rebondissements, le lecteur est mené à douter de tout et de tout le monde.  S’il y avait eu un chien dans l’histoire, je ne doute pas une seconde que je l’aurais, à un moment ou l’autre, cru coupable lui aussi.

Petit bémol cependant : même si je suis restée scotchée par le dénouement de l’histoire, j’ai trouvé cette fin trop bâclée.  Quelques pages de détails et d’informations supplémentaires auraient été les bienvenues afin de terminer dans la lignée du côté fouillé présent tout au long de l’ouvrage.

Didier, Sébastien – Les yeux bleus

Hugo Publishing – 2 juillet 2020

4ème de couverture

1986. Une famille est assassinée dans sa villa près de Saint-Paul-de-Vence. Le père, la mère et leurs jumeaux d’à peine deux ans. Un crime monstrueux qui demeurera impuni.
2018. Anthony Delcourt sait que la vie de son fils ne tient plus qu’à un fil. Le petit Maxime a été enlevé en plein jour, dans le jardin de la demeure familiale à Nice. Chaque minute qui passe réduit les chances de le retrouver sain et sauf.
Emballement médiatique, services de police et de gendarmerie en ébullition, l’affaire prend rapidement une dimension exceptionnelle. Car l’enfant n’est pas n’importe qui. Il est le petit-fils du millionnaire Claude Cerutti, homme d’affaires à la réputation sulfureuse et puissante figure locale.
Celui-ci en est persuadé : à travers cet enlèvement, c’est lui que l’on cherche à atteindre.
Lui, son nom, sa famille.
Et ses secrets.

Mon avis

Voici un roman qui démarre sur les chapeaux de roue : dès les premières pages, la tension s’installe lorsque Maxime, 4 ans, est kidnappé en plein jour.

Petit à petit, nous faisons connaissance avec les divers protagonistes de l’histoire. Les personnages sont crédibles, leurs traits de caractère sont dépeints à la perfection, les rendant donc attachants pour certains, détestables pour d’autres.

L’intrigue se déroule en 2018 mais les retours en 1986 sont fréquents. Pourquoi ces retours en arrière ? Qui sont ces personnes dont on parle ? Quel rapport avec la disparition de Maxime ? A priori, aucun, même si l’on se doute qu’il doit exister un fil reliant les deux époques. Voilà qui crée, pour le lecteur, une tension supplémentaire.

Sébastien Didier dévoile les pièces du puzzle dans le désordre, et parvient à tenir le lecteur en haleine tout au long de l’histoire. Et quelle histoire !

Bravo Sébastien Didier pour cet excellent ouvrage et merci à Hugo Publishing pour m’avoir permis de découvrir cet ouvrage.

Grimaldi, Virginie – Et que ne durent que les moments doux

Fayard – 17 juin 2020

4ème de couverture

L’une vient de donner naissance à une petite fille arrivée trop tôt. Elle est minuscule, pourtant elle prend déjà tellement de place.
L’autre vient de voir ses grands enfants quitter le nid. Son fils laisse un vide immense, mais aussi son chien farfelu.
L’une doit apprendre à être mère à temps plein, l’autre doit apprendre à être mère à la retraite.

C’est l’histoire universelle de ces moments qui font basculer la vie, de ces vagues d’émotions qui balaient tout sur leur passage, et de ces rencontres indélébiles qui changent un destin.

Avec une infinie justesse et beaucoup d’humour, Virginie Grimaldi déroule le fil de leur existence et nous invite à partager leurs joies et leurs angoisses, mais aussi les souvenirs, les rêves et les espoirs.

Mon avis

J’ai envie de dire un grand merci à Virginie Grimaldi pour cette histoire qui fait écho à la mienne.

Au travers de l’histoire de Lili, Virginie a réussi à retranscrire à la perfection le ressenti des parents dont l’enfant lutte pour vivre, tant dans les moments d’angoisse profonde que dans les rares moments de détente. Les passages dans la salle des familles, les relations qui se créent avec les autres parents d’enfants hospitalisés, la tension dans le couple… tout cela est relaté avec un réalisme parfait.

Bien que les enfants de Virginie soient encore jeunes, elle a malgré tout réussi à se mettre dans la peau d’Elise, cette cinquantenaire dont les enfants viennent de quitter le foyer. Etant moi-même cinquantenaire, je me prépare à cette étape de vie et les craintes, doutes et joies d’Elise sont les miennes également. J’ai aimé lire avec autant de réalisme comment Elise s’en sort. Par contre, ce que je sais, c’est que prendre des cours de danse africaine, euh… non merci !