Combalbert, Laurent – Négo

Calmann-Lévy – 3 février 2021

4ème de couverture

Chaque ultimatum peut être le dernier… Son métier, c’est de trouver une issue. Non fatale.
Stanislas Monville est négociateur professionnel. Il intervient dans les kidnappings, les séquestrations, les extorsions… Ses années de service dans les forces spéciales comme les missions privées qu’il conduit désormais lui ont donné un instinct très sûr pour repérer les situations à risque.
Aussi, lorsqu’il est contacté pour prendre en charge une négociation ultrasecrète autour du plus grand conservatoire de la biodiversité au monde, il sent bien un piège, mais la curiosité l’emporte. Très vite, il comprend qu’il a mis les pieds dans un engrenage dangereux, où l’écologie rime avec violence et fanatisme, et où chaque ultimatum risque d’être le dernier.

Un thriller haletant et original qui respire la vérité…

Mon avis

J’ai eu la grande chance de rencontrer, il y a quelques jours, René Manzor et Laurent Combalbert à la Librairie Filigranes (Bruxelles).

J’avoue avoir fait le déplacement afin d’obtenir une dédicace de l’excellent A Vif de René Manzor et de m’entretenir avec cet homme que je ne me lasse pas d’écouter.

Je n’avais jamais entendu parler de Laurent Combalbert mais quelle belle découverte ! En effet, le parcours professionnel de cet homme est absolument fascinant : il débute en tant qu’officier de police, intègre ensuite le Raid et monte une première équipe de négociateurs.  Il se forme ensuite à Scotland Yard avant de se spécialiser au sein de l’Académie du FBI de Quantico et décroche le diplôme de négociateur de crise. A son retour en France, il participe à la fondation de la branche négociation du Raid. Il intervient dans la libération d’otages, les kidnappings, la reddition de forcenés.

Il quitte la fonction publique en 2014 et fonde, avec son associé, une agence de négociateurs intervenant dans les cas de kidnapping, prises d’otages, comportements suicidaires, extorsions, grèves de la faim, ransomware, négociations commerciales, diplomatiques ou thérapeutiques, plans sociaux, séquestrations.

Laurent Combalbert est l’auteur des nombreux ouvrages traitant de négociation et Négo est son premier thriller.

Vous comprendrez donc aisément qu’après avoir l’avoir longuement écouté parler de sa carrière, je me suis plongée dans la lecture de ce bouquin.

L’histoire démarre sur les chapeaux de roue, nous faisons connaissance de Stanislas Monville et de son équipe négociant afin d’obtenir la libération d’un enfant victime de kidnapping.  Cette affaire étant rapidement résolue, l’auteur nous embarque par la suite dans un autre style de négociation, mêlant politique, finances et écologie.

Je dois avouer que je commence un peu à me lasser des thrillers écologiques et redoutais donc de ne pas apprécier la suite de ma lecture.  Il n’en fut rien car Laurent Combalbert a réussi à me tenir en haleine grâce à une tension psychologique extrême mêlée à de nombreux rebondissements, faisant dès lors passer l’écologie au second plan.

Et en parlant de rebondissements, accrochez-vous car ça rebondit jusqu’à la dernière page !  Bonne lecture à toutes et à tous.

Collectif – Toucher le noir

Belfond – 3 juin 2021

4ème de couverture

Onze grands noms du thriller français nous font toucher le noir, jusqu’au creux de l’âme…

Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Mickaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalèse, Danielle Thiéry, Franck Thilliez. Ces onze auteurs prestigieux, maîtres incontestés du frisson, nous entraînent dans une exploration sensorielle inédite autour du toucher. Avec eux, vous plongerez dans les plus sombres abysses, effleurerez la grâce et l’enfer d’un même geste, tutoierez l’horreur du bout des doigts…
Dix nouvelles inédites pour autant d’expériences tactiles, éclectiques, terrifiantes et toujours surprenantes.

Oserez-vous frôler le noir d’aussi près ?

Mon avis

Imaginez recevoir une boîte de vos chocolats préférés.  Vous en mangez 2 ou 3 et tentez de vous convaincre que ça suffit, qu’il faut en garder pour demain.  Oh et puis zut, encore 1 et je range la boîte.  Et en fin de compte, la boîte est vide !

Voilà exactement ce qui m’est arrivé avec ce recueil de nouvelles.  Impossible de résister lorsque l’on tient entre les mains un ouvrage rédigé par de grands noms de la littérature noire, sous la direction d’Yvan Fauth : Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Michaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalese, Danielle Thiéry, Franck Thilliez.

Chacun de ces auteurs, dont je dévore les romans, a son style propre que l’on retrouve dans ces nouvelles.  Bravo à eux d’avoir réussi haut la main le pari difficile de camper en très peu de pages leurs personnages, les atmosphères et l’action et de convaincre la lectrice exigeante que je suis. 

Un grand merci à NetGalley ainsi qu’aux Editions Belfond de m’avoir permis de frissonner, trembler et palpiter en avant-première !

Grimaldi, Virginie – Les possibles

Fayard – 12 mai 2021

4ème de couverture

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé  connaît quelques turbulences.
Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute  du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin.
Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence  : il déraille.
Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.
Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Avec un humour jubilatoire et une infinie tendresse,
Virginie Grimaldi nous conte une magnifique histoire de transmission et de résilience.

Mon avis

Mon univers littéraire est le noir, je dévore les thrillers et romans policiers.  Et pourtant, il existe une auteure qui me fait bondir hors de ma zone de confort dès l’annonce de sortie d’un nouvel opus : Virginie Grimaldi, dont je lis les ouvrages avec le plus grand plaisir.

Les possibles est, comme tous les ouvrages de Virginie, un pur délice.  Elle parvient à chaque fois, à partir d’un sujet de la vie courante, à me faire rire, pleurer et relativiser.  Sa plume en apparence légère invite cependant le lecteur à la réflexion et à l’introspection.

Virginie Grimaldi aborde ici le thème de la maladie d’Alzheimer et la nécessité pour l’entourage du malade de passer par les diverses étapes menant à l’acceptation.  Un cheminement ô combien douloureux et révoltant, tant il est difficile de voir un être aimé perdre petit à petit ses facultés et ses souvenirs.

Virginie nous offre de faire ce cheminement aux côtés de Moustique et de son père, Jean.  Sans voyeurisme, sans caricature, sans clichés mais tout simplement en tant qu’humains avec leurs peurs, leurs maladresses, leurs forces et leur amour.

J’ai dévoré ce livre en une journée et suis ressortie de ma lecture, comme à chaque fois, avec une foi immense en l’être humain.

Merci Virginie, merci NetGalley et merci aux Editions Fayard pour ce très beau partage.

Bal, Olivier – La forêt des disparus

XO Editions – 22 avril 2021

4ème de couverture

« Dans cette forêt, tu peux toujours y entrer, mais tu n’en sortiras jamais… »

Des murs d’arbres géants, séquoias millénaires qui se referment comme un piège. Des randonneurs qui disparaissent sans laisser de traces. Il ne fait pas bon traîner dans les bois de Redwoods, au bord du Pacifique, dans l’Oregon.

Au cœur de cette forêt maudite, un homme vit isolé de tous. Ici, on l’appelle l’Étranger. En réalité, son nom est Paul Green, un ancien journaliste qui a connu son heure de gloire avec l’affaire Clara Miller.

Un soir, une jeune adolescente, Charlie, vient frapper à sa porte. Elle est blessée, paniquée. Pour elle, Paul est le seul à pouvoir l’aider. Car là-bas, au milieu des arbres, Charlie a connu l’horreur…

L’histoire d’un secret terrifiant.
Un thriller diabolique et haletant.

Mon avis

Quel plaisir de retrouver Paul Green, ce journaliste qui avait fait son apparition dans L’affaire Clara Miller du même auteur.  Je suis fan de ce personnage, solitaire au grand cœur.

Olivier Bal nous emmène en forêt mais pas question ici de pique-nique ou de balade de santé. Il s’agit plutôt d’un rendez-vous avec la mort dans cette forêt qui borde la petite ville de Redwoods, dont les habitants cachent quantité de secrets.

Olivier nous propose un roman choral, style auquel je n’accroche généralement pas car rares sont ceux qui ne me laissent pas une impression de répétition.  L’auteur a ici réussi l’exploit de donner la parole en alternance aux divers protagonistes tout en faisant évoluer l’histoire, pour mon plus grand bonheur.

Mais ce que j’ai apprécié par-dessus tout, c’est le rythme de l’histoire.  La tension monte crescendo sans jamais tomber dans l’improbable. Voici donc un excellent roman que je recommande vivement.

Paul Green va me manquer mais puisque ce n’est qu’un au revoir et non un adieu, je serai patiente.  Car oui, Olivier Bal m’a confirmé, je cite, « Quant à Paul Green… j’aimerais bien reprendre de ses nouvelles, oui ! »

Envie de découvrir la bande-annonce ? C’est ici que ça se passe.

Antoine, Amélie – Le bonheur l’emportera

XO Editions – 20 mai 2021

4ème de couverture

Elle s’appelle Sophie, elle est dynamique, débordée, et elle déteste lâcher prise. Son enfant, Maël, est différent. Très différent. Elle le sait mais ne l’accepte pas…

Joachim, le père, lui, est un homme engagé. Un combattant. Il aimerait que Maël soit enfin lui-même, libre et heureux dans son corps. Mais il ne sait pas comment l’aider à sortir de son enfermement.

Une famille comme tant d’autres. Déchirée. Dépassée. Au bord du chaos. Il suffit pourtant d’une étincelle pour faire jaillir la lumière. Et croire de nouveau à la possibilité du bonheur…

Mon avis

Ce que j’aime dans les écrits d’Amélie Antoine, c’est la facilité avec laquelle elle parvient à tenir en haleine son lectorat à partir d’un fait relativement banal de la vie quotidienne.

Raisons obscures m’avait fait l’effet d’un uppercut, Au nom de quoi m’avait bouleversée et Sans elle m’avait scotchée.

Son dernier né, Le bonheur l’emportera est de la même trempe.  Une famille tout ce qu’il y a de plus normal : une mère débordée de travail, un père qui travaille à domicile et est donc celui qui s’occupe principalement de leur fils, un pré-ado âgé de 11 ans.  Tous trois mènent une vie semblable à tant d’autres familles, à priori donc pas de quoi en faire un bouquin…  Sauf que sous la plume d’Amélie Antoine, ça devient bien entendu très intéressant.

Amélie décortique avec brio l’érosion d’un couple, les problèmes de communication, les tentations, la parentalité, l’amour et l’adolescence, entre autres.  Un autre sujet est également abordé mais, afin de ne rien dévoiler, je vous laisserai découvrir par vous-même ce dont il s’agit.

Une fois de plus, Amélie m’a totalement embarquée dans cette histoire et, comme d’habitude, je suis passée par une foule de sentiments et de questionnements.  Voilà aussi pourquoi je suis fan de cette auteure : elle me pousse à chaque fois à la réflexion.

Je remercie très sincèrement XO Editions ainsi que NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce petit joyau.

Da Costa Rosa, Judith – Les douces

Grasset – 12 mai 2021

4ème de couverture

Ils étaient quatre, trois filles et un garçon : Dolorès, Zineb, Bianca et Hannibal. Quatre meilleurs amis devenus comme frère et sœurs, ayant grandi ensemble, connu les joies de l’enfance et les tourments des premiers sentiments, se jurant de ne jamais se séparer. La vie s’ouvrait à eux ; le lycée terminé, ils quitteraient leur village du Sud, découvriraient Paris. Mais le soir du bal de fin d’année, Hannibal disparaît et laisse celles qu’il appelait mes douces, seules et interdites.

Huit ans plus tard, son corps est retrouvé, sous terre, dans la propriété d’Auguste Meyer, sculpteur célèbre de la région, professeur de poterie des quatre enfants qui, jusqu’à sa mort, a nourri pour Dolorès, sa beauté, une étrange fascination. L’Officier Casez est chargé d’enquêter, il convoque les trois jeunes femmes ; l’une est devenue star sur les réseaux sociaux, l’autre étudiante, la dernière travaille dans un cinéma. Elles ne se parlent plus mais continuent de recevoir d’énigmatiques emails signés Hannibal. L’une le croit vivant, les autres pas.

A mesure qu’il essaie de percer le mystère de leur amitié, Léo Casez bute sur les interrogations : quel pacte les liait ? Qui était vraiment Auguste Meyer et pourquoi la mère de Dolorès le protégeait-elle ? En rouvrant les archives du passé, il force les secrets et nous entraîne dans les souvenirs de cet été brûlant, les joies et les tourments de quatre adolescents devenus si tôt adultes.

Un premier roman haletant, envoûtant comme un tour de magie.

Mon avis

Le corps d’un adolescent disparu depuis 8 ans est retrouvé enterré dans la propriété d’un sculpteur célèbre, dans un petit village.

Cependant, ce livre n’est pas un thriller ni un polar. Il s’agit ici d’un voyage dans l’enfance et l’adolescence d’un groupe de jeunes unis par un mystérieux serment et une amitié à toute épreuve.

J’ai aimé les jeunes femmes que sont devenues les héroïnes de ce roman, dont on découvre les forces et faiblesses à l’aide d’un judicieux mélange de leur histoire présente et passée.

Mais mon véritable coup de cœur va à l’Officier Casez.  A l’heure où les forces de l’ordre sont tellement décriées, je suis ravie que l’auteure ait dressé le portrait d’un homme empli de bonté et d’humanité.

Si vous avez envie de douceur, de mystère, de secrets et d’un soupçon de suspense, ce livre est fait pour vous. Moi, j’ai aimé.

Bravo à Judith Da Costa Rosa qui signe avec Les douces un premier roman fort bien réussi et merci à NetGalley ainsi qu’aux éditions Grasset de m’avoir permis de le découvrir.  Une auteure à suivre !

Morello, Lorenzo – Le silence est italien

Poussière de Lune – 19 avril 2021

4ème de couverture

Sur le chemin de l’hôpital où le roi du silence vit ses dernières heures, Angelo se souvient de son enfance comme d’une blessure mal cicatrisée, aux conséquences tenaces. A la lumière du secret que sa tante Ada vient de lui révéler, il revisite l’histoire, celle d’une famille d’immigrés italiens, fraîchement dépouillée de ses zones d’ombre. Parviendra-t-il, au terme de cette incursion douce-amère, à faire parler son père, cet homme devant qui lui-même se tait depuis tant d’années ? Mais surtout, arrivera-t-il à temps pour enterrer la hache d’une guerre injustement déclarée ?

Mon avis

Ceci est un très beau livre !

J’avais découvert la plume de Lorenzo Morello avec Le chien qui souriait en repensant à sa vie, un petit livre léger et sympathique.

C’est donc avec une certaine impatience que je me suis ruée, après plus de 2 ans d’attente, sur son dernier-né Le silence est italien

Angelo est dans le Thalys qui le mène de Marseille à Bruxelles, où son père vit ses dernières heures. Un lourd secret de famille venant de lui être révélé, il profite de ces quelques heures de voyage pour revisiter, à la lueur de ces révélations, son enfance et son adolescence aux côtés d’un père qui lui a toujours préféré son jeune frère.  Cette pièce manquante du puzzle lui permettant enfin, en tant qu’adulte, d’appréhender certains comportements de ses ancêtres.

Je suis toujours aussi fan de la plume de Lorenzo qui est à nouveau parvenu à me faire sourire grâce à son humour, même dans les moments graves et intenses de la vie de cette famille d’immigrés italiens. Bon ok, j’avoue, j’ai parfois eu les larmes aux yeux aussi.

Il ne s’agit pas ici d’une histoire vraie mais l’on ressent que l’auteur y a mis toutes ses tripes et il en résulte que cela pourrait être mon histoire, votre histoire. D’ailleurs, ma lecture à peine terminée, j’ai eu ce besoin impératif de serrer mes proches dans les bras, de leur dire combien je les aime.

Je me répète et j’insiste, ceci est un très beau livre que je vous conseille vivement!

Manook, Ian – L’oiseau bleu d’Erzeroum

Albin Michel – 7 avril 2021

4ème de couverture

L’odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.

1915, non loin d’Erzeroum, en Arménie turque. Araxie, dix ans, et sa petite soeur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve.

Jusqu’à ce que l’Histoire, à nouveau, les précipite dans la tourmente. Séparées, propulsées chacune à un bout du monde, Araxie et Haïganouch survivront-elles aux guerres et aux trahisons de ce siècle cruel ? Trouveront-elles enfin la paix et un refuge, aussi fragile soit-il ?

C’est autour de l’enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale. Un roman plein d’humanité où souffle le vent furieux de l’Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne.

Mon avis

Epoustouflant !

Ian Manook nous offre avec L’oiseau bleu d’Erzeroum un roman de l’ordre de l’intime.  Effectivement, en se basant sur l’histoire de ses grands-parents, relatée par sa grand-mère, nous assisterons à la naissance de la lignée Manoukian au travers d’un récit terriblement cruel ayant pour thème le génocide arménien. 

Le lecteur est invité à suivre Araxie (10 ans) et sa petite sœur Haïganouch (6 ans), deux fillettes plongées dans l’horreur de la déportation avec tout ce qu’elle engendre de tortures et de massacres. Deux petites filles qui seront vendues comme esclaves avant d’être séparées définitivement.

Une lecture très difficile, tant le sujet est violent bien entendu mais également tant les mots choisis et le rythme imposé par l’auteur nous transportent aux côtés de ces fillettes qui luttent pour leur survie.

Une lecture passionnante également car elle m’a permis de découvrir l’histoire du peuple arménien, dont je soupçonnais la souffrance sans avoir jamais pris le temps de chercher à comprendre le pourquoi.

Araxie et Haïganouch grandissent et sont, à la fin de ce premier tome, de jeunes adultes.  C’est avec impatience que j’attends le second tome afin de continuer un bout de chemin en leur compagnie ainsi qu’avec les formidables personnes qui les entourent.

Petit clin d’œil à Ian Manook, que seuls ceux qui auront lu ce livre comprendront, « si tu ne te dépêches pas d’écrire la suite, je te tue ! » #Agop

Charine, Marlène – Inconditionnelles

Calmann-Lévy – 7 avril 2021

4ème de couverture

TROIS MÈRES, UNE FLIC ET CETTE QUESTION : QUE MÉRITE CELUI QUI A BRISÉ UN ENFANT ?

« Venez ! Elles sont là ! » La capitaine Silke Valles et son équipe viennent d’investir une maison délabrée sur les hauteurs d’Annecy. Au sous-sol, une des trois fillettes enlevées dix jours auparavant gît, inconsciente, dans une baignoire remplie de glace. Les deux autres sont recroquevillées à côté, terrifiées mais indemnes.
Le ravisseur a été abattu dans l’assaut, l’affaire est donc officiellement close. Et pourtant, insidieusement, d’indice en indice, une interrogation fait son chemin dans l’esprit de la capitaine Valles, mais aussi dans celui de Garance, Cora et Blandine, les mères des trois fillettes : et si ça n’était pas fini ?

Mon avis

Grosse déception !

Je me suis ennuyée tout au long de cet ouvrage.  Dès les premières pages, les fillettes sont retrouvées et le ravisseur est abattu.  Ensuite, il ne se passe pas grand-chose.  De longues pages à lire le désarroi des parents, à suivre trois femmes dépeintes de façon tellement caricaturale que ça en devient pénible.

De coïncidences en coïncidences plus invraisemblables les unes que les autres, l’auteure tente de garder le lecteur en haleine, avec une pseudo-enquête visant à trouver un éventuel complice.  Malheureusement la sauce n’a pas pris chez moi.

J’ai refermé ce livre avec un ouf de soulagement, ravie de pouvoir enfin passer à autre chose. 

Audrain, Ashley – Entre toutes les mères

J.-C. Lattès – 17 mars 2021

4ème de couverture

Blythe Connor n’a qu’une seule idée en tête : ne pas reproduire ce qu’elle a vécu. Lorsque sa fille, Violet, naît, elle sait qu’elle lui donnera tout l’amour qu’elle mérite. Tout l’amour dont sa propre mère l’a privée. Mais les nouveau-nés ne se révèlent pas forcément être le fantasme qu’on s’est imaginé. Violet est un bébé agité, qui ne sourit jamais. Très vite, Blythe se demande ce qui ne va pas. Ce qu’elle fait mal. Si le problème, c’est sa fille. Ou elle.
Puisque Violet se comporte différemment avec son père, ce dernier met les doutes de sa femme sur le compte de l’épuisement. Sûrement parce qu’il ne peut imaginer ce qu’elle a vécu enfant. Peut-être parce que personne ne peut l’imaginer.
Dans ce premier roman aussi addictif que troublant, Ashley Audrain sonde les affres de la maternité et les hérédités blessées.

Mon avis

A la naissance de sa fille, Blythe a du mal à se connecter avec son bébé et craint que sa propre enfance traumatisante n’ait endommagé sa capacité à créer des liens et à s’épanouir correctement en tant que parent. Elle n’est certainement pas aidée par son mari qui parvient à la convaincre qu’elle est hystérique, atteinte d’une sévère dépression postnatale et totalement incapable de s’occuper de cette merveille qu’est leur fille.

Aucun couple ne peut prédire ce que deviendra sa relation après avoir eu des enfants. Mais on s’attend légitimement à traverser cette expérience ensemble. A faire équipe dans la mesure du possible. Nous étions bien organisés. Notre enfant était nourrie, baignée, promenée, bercée, habillée, changée. Tu faisais le maximum. Je m’en occupais toute la journée, mais dès que tu rentrais du travail, c’était ton tour. Patience. Amour. Affection. Je t’étais reconnaissante de tout ce que tu lui donnais et qu’elle refusait de recevoir de moi.

Donner naissance à un enfant qui ne vous aime pas et qui pourrait être mauvais n’est pas dans les normes. Ce n’est pas un sujet auquel on pense ou duquel on parle aisément.  Mais Blythe sait que quelque chose n’est pas sain chez cet enfant.  On parle d’instinct maternel, mais ce dernier ne permet-il pas justement à une mère de se rendre compte quand quelque chose cloche ?

J’ai eu énormément de peine pour cette femme que père et fille tentent de faire passer pour incompétente, voire folle, alors qu’elle essaie tout simplement de suivre son instinct et de faire ouvrir les yeux à son entourage.

Un livre sinistre, mystérieux, avec de courts chapitres extrêmement percutants.  Un livre qui fait mal, tant on ressent la douleur de cette mère qui tente de combattre ses propres pensées et inquiétudes.

Je n’en dévoilerai pas plus et vous laisserai tout simplement découvrir cet extraordinaire ouvrage dérangeant.  Bonne lecture !