Da Costa Rosa, Judith – Les douces

Grasset – 12 mai 2021

4ème de couverture

Ils étaient quatre, trois filles et un garçon : Dolorès, Zineb, Bianca et Hannibal. Quatre meilleurs amis devenus comme frère et sœurs, ayant grandi ensemble, connu les joies de l’enfance et les tourments des premiers sentiments, se jurant de ne jamais se séparer. La vie s’ouvrait à eux ; le lycée terminé, ils quitteraient leur village du Sud, découvriraient Paris. Mais le soir du bal de fin d’année, Hannibal disparaît et laisse celles qu’il appelait mes douces, seules et interdites.

Huit ans plus tard, son corps est retrouvé, sous terre, dans la propriété d’Auguste Meyer, sculpteur célèbre de la région, professeur de poterie des quatre enfants qui, jusqu’à sa mort, a nourri pour Dolorès, sa beauté, une étrange fascination. L’Officier Casez est chargé d’enquêter, il convoque les trois jeunes femmes ; l’une est devenue star sur les réseaux sociaux, l’autre étudiante, la dernière travaille dans un cinéma. Elles ne se parlent plus mais continuent de recevoir d’énigmatiques emails signés Hannibal. L’une le croit vivant, les autres pas.

A mesure qu’il essaie de percer le mystère de leur amitié, Léo Casez bute sur les interrogations : quel pacte les liait ? Qui était vraiment Auguste Meyer et pourquoi la mère de Dolorès le protégeait-elle ? En rouvrant les archives du passé, il force les secrets et nous entraîne dans les souvenirs de cet été brûlant, les joies et les tourments de quatre adolescents devenus si tôt adultes.

Un premier roman haletant, envoûtant comme un tour de magie.

Mon avis

Le corps d’un adolescent disparu depuis 8 ans est retrouvé enterré dans la propriété d’un sculpteur célèbre, dans un petit village.

Cependant, ce livre n’est pas un thriller ni un polar. Il s’agit ici d’un voyage dans l’enfance et l’adolescence d’un groupe de jeunes unis par un mystérieux serment et une amitié à toute épreuve.

J’ai aimé les jeunes femmes que sont devenues les héroïnes de ce roman, dont on découvre les forces et faiblesses à l’aide d’un judicieux mélange de leur histoire présente et passée.

Mais mon véritable coup de cœur va à l’Officier Casez.  A l’heure où les forces de l’ordre sont tellement décriées, je suis ravie que l’auteure ait dressé le portrait d’un homme empli de bonté et d’humanité.

Si vous avez envie de douceur, de mystère, de secrets et d’un soupçon de suspense, ce livre est fait pour vous. Moi, j’ai aimé.

Bravo à Judith Da Costa Rosa qui signe avec Les douces un premier roman fort bien réussi et merci à NetGalley ainsi qu’aux éditions Grasset de m’avoir permis de le découvrir.  Une auteure à suivre !

Morello, Lorenzo – Le silence est italien

Poussière de Lune – 19 avril 2021

4ème de couverture

Sur le chemin de l’hôpital où le roi du silence vit ses dernières heures, Angelo se souvient de son enfance comme d’une blessure mal cicatrisée, aux conséquences tenaces. A la lumière du secret que sa tante Ada vient de lui révéler, il revisite l’histoire, celle d’une famille d’immigrés italiens, fraîchement dépouillée de ses zones d’ombre. Parviendra-t-il, au terme de cette incursion douce-amère, à faire parler son père, cet homme devant qui lui-même se tait depuis tant d’années ? Mais surtout, arrivera-t-il à temps pour enterrer la hache d’une guerre injustement déclarée ?

Mon avis

Ceci est un très beau livre !

J’avais découvert la plume de Lorenzo Morello avec Le chien qui souriait en repensant à sa vie, un petit livre léger et sympathique.

C’est donc avec une certaine impatience que je me suis ruée, après plus de 2 ans d’attente, sur son dernier-né Le silence est italien

Angelo est dans le Thalys qui le mène de Marseille à Bruxelles, où son père vit ses dernières heures. Un lourd secret de famille venant de lui être révélé, il profite de ces quelques heures de voyage pour revisiter, à la lueur de ces révélations, son enfance et son adolescence aux côtés d’un père qui lui a toujours préféré son jeune frère.  Cette pièce manquante du puzzle lui permettant enfin, en tant qu’adulte, d’appréhender certains comportements de ses ancêtres.

Je suis toujours aussi fan de la plume de Lorenzo qui est à nouveau parvenu à me faire sourire grâce à son humour, même dans les moments graves et intenses de la vie de cette famille d’immigrés italiens. Bon ok, j’avoue, j’ai parfois eu les larmes aux yeux aussi.

Il ne s’agit pas ici d’une histoire vraie mais l’on ressent que l’auteur y a mis toutes ses tripes et il en résulte que cela pourrait être mon histoire, votre histoire. D’ailleurs, ma lecture à peine terminée, j’ai eu ce besoin impératif de serrer mes proches dans les bras, de leur dire combien je les aime.

Je me répète et j’insiste, ceci est un très beau livre que je vous conseille vivement!

Manook, Ian – L’oiseau bleu d’Erzeroum

Albin Michel – 7 avril 2021

4ème de couverture

L’odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.

1915, non loin d’Erzeroum, en Arménie turque. Araxie, dix ans, et sa petite soeur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve.

Jusqu’à ce que l’Histoire, à nouveau, les précipite dans la tourmente. Séparées, propulsées chacune à un bout du monde, Araxie et Haïganouch survivront-elles aux guerres et aux trahisons de ce siècle cruel ? Trouveront-elles enfin la paix et un refuge, aussi fragile soit-il ?

C’est autour de l’enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale. Un roman plein d’humanité où souffle le vent furieux de l’Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne.

Mon avis

Epoustouflant !

Ian Manook nous offre avec L’oiseau bleu d’Erzeroum un roman de l’ordre de l’intime.  Effectivement, en se basant sur l’histoire de ses grands-parents, relatée par sa grand-mère, nous assisterons à la naissance de la lignée Manoukian au travers d’un récit terriblement cruel ayant pour thème le génocide arménien. 

Le lecteur est invité à suivre Araxie (10 ans) et sa petite sœur Haïganouch (6 ans), deux fillettes plongées dans l’horreur de la déportation avec tout ce qu’elle engendre de tortures et de massacres. Deux petites filles qui seront vendues comme esclaves avant d’être séparées définitivement.

Une lecture très difficile, tant le sujet est violent bien entendu mais également tant les mots choisis et le rythme imposé par l’auteur nous transportent aux côtés de ces fillettes qui luttent pour leur survie.

Une lecture passionnante également car elle m’a permis de découvrir l’histoire du peuple arménien, dont je soupçonnais la souffrance sans avoir jamais pris le temps de chercher à comprendre le pourquoi.

Araxie et Haïganouch grandissent et sont, à la fin de ce premier tome, de jeunes adultes.  C’est avec impatience que j’attends le second tome afin de continuer un bout de chemin en leur compagnie ainsi qu’avec les formidables personnes qui les entourent.

Petit clin d’œil à Ian Manook, que seuls ceux qui auront lu ce livre comprendront, « si tu ne te dépêches pas d’écrire la suite, je te tue ! » #Agop

Charine, Marlène – Inconditionnelles

Calmann-Lévy – 7 avril 2021

4ème de couverture

TROIS MÈRES, UNE FLIC ET CETTE QUESTION : QUE MÉRITE CELUI QUI A BRISÉ UN ENFANT ?

« Venez ! Elles sont là ! » La capitaine Silke Valles et son équipe viennent d’investir une maison délabrée sur les hauteurs d’Annecy. Au sous-sol, une des trois fillettes enlevées dix jours auparavant gît, inconsciente, dans une baignoire remplie de glace. Les deux autres sont recroquevillées à côté, terrifiées mais indemnes.
Le ravisseur a été abattu dans l’assaut, l’affaire est donc officiellement close. Et pourtant, insidieusement, d’indice en indice, une interrogation fait son chemin dans l’esprit de la capitaine Valles, mais aussi dans celui de Garance, Cora et Blandine, les mères des trois fillettes : et si ça n’était pas fini ?

Mon avis

Grosse déception !

Je me suis ennuyée tout au long de cet ouvrage.  Dès les premières pages, les fillettes sont retrouvées et le ravisseur est abattu.  Ensuite, il ne se passe pas grand-chose.  De longues pages à lire le désarroi des parents, à suivre trois femmes dépeintes de façon tellement caricaturale que ça en devient pénible.

De coïncidences en coïncidences plus invraisemblables les unes que les autres, l’auteure tente de garder le lecteur en haleine, avec une pseudo-enquête visant à trouver un éventuel complice.  Malheureusement la sauce n’a pas pris chez moi.

J’ai refermé ce livre avec un ouf de soulagement, ravie de pouvoir enfin passer à autre chose. 

Audrain, Ashley – Entre toutes les mères

J.-C. Lattès – 17 mars 2021

4ème de couverture

Blythe Connor n’a qu’une seule idée en tête : ne pas reproduire ce qu’elle a vécu. Lorsque sa fille, Violet, naît, elle sait qu’elle lui donnera tout l’amour qu’elle mérite. Tout l’amour dont sa propre mère l’a privée. Mais les nouveau-nés ne se révèlent pas forcément être le fantasme qu’on s’est imaginé. Violet est un bébé agité, qui ne sourit jamais. Très vite, Blythe se demande ce qui ne va pas. Ce qu’elle fait mal. Si le problème, c’est sa fille. Ou elle.
Puisque Violet se comporte différemment avec son père, ce dernier met les doutes de sa femme sur le compte de l’épuisement. Sûrement parce qu’il ne peut imaginer ce qu’elle a vécu enfant. Peut-être parce que personne ne peut l’imaginer.
Dans ce premier roman aussi addictif que troublant, Ashley Audrain sonde les affres de la maternité et les hérédités blessées.

Mon avis

A la naissance de sa fille, Blythe a du mal à se connecter avec son bébé et craint que sa propre enfance traumatisante n’ait endommagé sa capacité à créer des liens et à s’épanouir correctement en tant que parent. Elle n’est certainement pas aidée par son mari qui parvient à la convaincre qu’elle est hystérique, atteinte d’une sévère dépression postnatale et totalement incapable de s’occuper de cette merveille qu’est leur fille.

Aucun couple ne peut prédire ce que deviendra sa relation après avoir eu des enfants. Mais on s’attend légitimement à traverser cette expérience ensemble. A faire équipe dans la mesure du possible. Nous étions bien organisés. Notre enfant était nourrie, baignée, promenée, bercée, habillée, changée. Tu faisais le maximum. Je m’en occupais toute la journée, mais dès que tu rentrais du travail, c’était ton tour. Patience. Amour. Affection. Je t’étais reconnaissante de tout ce que tu lui donnais et qu’elle refusait de recevoir de moi.

Donner naissance à un enfant qui ne vous aime pas et qui pourrait être mauvais n’est pas dans les normes. Ce n’est pas un sujet auquel on pense ou duquel on parle aisément.  Mais Blythe sait que quelque chose n’est pas sain chez cet enfant.  On parle d’instinct maternel, mais ce dernier ne permet-il pas justement à une mère de se rendre compte quand quelque chose cloche ?

J’ai eu énormément de peine pour cette femme que père et fille tentent de faire passer pour incompétente, voire folle, alors qu’elle essaie tout simplement de suivre son instinct et de faire ouvrir les yeux à son entourage.

Un livre sinistre, mystérieux, avec de courts chapitres extrêmement percutants.  Un livre qui fait mal, tant on ressent la douleur de cette mère qui tente de combattre ses propres pensées et inquiétudes.

Je n’en dévoilerai pas plus et vous laisserai tout simplement découvrir cet extraordinaire ouvrage dérangeant.  Bonne lecture !

Khadra, Yasmina – Pour l’amour d’Elena

Miallet-Barrault – 10 mars 2021

4ème de couverture

A l’Enclos de la Trinité, un trou perdu dans l’État mexicain de Chihuahua, Elena et Diego s’aiment depuis l’enfance. On les appelle les  » fiancés « . Un jour, Elena est sauvagement agressée sous les yeux de Diego, tétanisé. Le rêve se brise comme un miroir. Elena s’enfuit à Ciudad Juárez, la ville la plus dangereuse au monde. Diego doit se perdre dans l’enfer des cartels pour tenter de sauver l’amour de sa vie.

Pour l’amour d’Elena s’inspire librement d’une histoire vraie.

Mon avis

Elena et Diego s’aiment depuis l’enfance, vivent dans un petit village paumé mais ont des rêves plein la tête.  Diego rêve d’être journaliste et Elena « le » rêve.

Jusqu’au jour où tout se brise… Sauvagement agressée, Elena en veut à Diego de ne pas l’avoir défendue et décide de fuir son village natal.  Loin de la misère mais surtout loin de Diego.

Pour l’amour d’Elena, Diego part à sa recherche en compagnie de son cousin Ramirez.  Tous deux découvrent le monde des cartels, de la drogue, de la prostitution, de la pègre et de la brutalité.

Ramirez s’y intègre assez rapidement, quitte à en oublier les valeurs qui étaient les siennes.  Diego tourne mal lui aussi, mais conserve néanmoins un bon fond et une certaine naïveté.

Un roman très violent et extrêmement noir, mais passionnant.  J’ai été déçue par la fin qui n’est, selon moi, pas dans la continuité de l’histoire mais puisque le livre s’inspire d’une histoire vraie, je m’en accommoderai.

Menegaux, Mathieu – Femmes en colère

Grasset – 3 mars 2021

4ème de couverture

Cour d’Assises de Rennes, juin 2020, fin des débats (auxquels le lecteur n’a pas assisté): le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Qu’a-t-elle fait ? Doit-on se fier à ce que nous apprennent les délibérations à huis-clos, ou à ce que révèle le journal que rédige la prévenue qui attend le prononcé du jugement ?

Accusée de s’être vengée de manière barbare de deux hommes ayant abusé d’elle dans des circonstances très particulières, Mathilde Collignon ne clame pas son innocence, mais réclame justice. Son acte a été commenté dans le monde entier et son procès est au cœur de toutes les polémiques et de toutes les passions. Trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher. Doivent-ils faire preuve de clémence ou de sévérité ? Vont-ils privilégier la punition, au nom des principes, ou le pardon, au nom de l’humanité ? Avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ?

Nous plongeons en apnée dans cette salle des délibérations d’un jury de cour d’assises. Neuf hommes et femmes en colère qui projettent sciemment ou inconsciemment sur l’écran de cette affaire le film intérieur de leur propre existence…

Mon avis

J’ai envie aujourd’hui de vous parler d’un petit bijou que j’ai dévoré en quelques heures : Femmes en colère de Mathieu Menegaux.

Après 3 années d’incarcération, Mathilde attend maintenant l’issue de son procès. Les jurés viennent de se retirer afin de délibérer sur son sort.

Le lecteur est invité à partager les pensées de Mathilde dans ce cachot au sein du palais de justice mais également à suivre les délibérations des jurés. C’est de cette façon que le lecteur prendra connaissance, petit à petit, de ce qui a mené Mathilde à être accusée d’actes de torture.

Quand je pense que, dans ce procès, je suis l’accusée et que les deux salopards sont les parties civiles. Je voudrais tout reprendre à zéro. Je voudrais qu’on remette les choses à leur place : je suis la victime et ils sont les bourreaux.

Un roman court, intense, révoltant, passionnant, haletant.

Force est de constater qu’il reste encore énormément de chemin à parcourir afin de parvenir à une véritable égalité des sexes. Merci donc à Mathieu Menegaux de se positionner du côté des femmes dans cet ouvrage.

Manzor, René – A vif

Calmann-Lévy – 17 mars 2021

4ème de couverture

Dans la forêt qui borde le village de Gévaugnac, on découvre une toute jeune fille brûlée sur un bûcher. La capitaine Julie Fraysse, du SRPJ de Toulouse, est priée de différer ses vacances et de consulter Novak Marrec, le policier qui a mené l’enquête sur des meurtres très similaires, attribués à un mystérieux « Immoleur » jamais arrêté.
Le problème c’est que Novak est interné en hôpital psychiatrique. Depuis son échec dans l’affaire de l’Immoleur, ce flic intelligent, cultivé et peu loquace est atteint de troubles obsessionnels délirants : par moments son cerveau lui crée de fausses certitudes, qu’il n’arrive pas à distinguer de la réalité.
Convaincu que l’Immoleur est de retour, Novak se lance à corps perdu dans l’enquête avec Julie.

Mais comment découvrir la vérité quand votre propre esprit joue contre vous ? Parviendront-ils à mettre au jour les secrets de la petite communauté de Gévaugnac ?

Mon avis

C’est le cerveau pas encore totalement remis à l’endroit que je viens vous parler de ma dernière lecture.

Quel bouquin ! Mais quel bouquin !  Voilà bien longtemps que je n’avais plus été transportée de la sorte.

Une enquête policière haletante, des personnages impeccablement décrits et attachants.  J’ai eu un gros coup de cœur pour Novak, pour son fichu caractère, pour sa répartie, pour son humour.  Julie est le genre de nana à laquelle nous voudrions toutes ressembler, qui parvient à mener de front sa carrière d’enquêtrice et sa vie de maman solo.  Et même si sur papier il peut sembler irréalisable de parvenir à concilier cela, René Manzor nous dépeint somme toute une femme des années 2020, qui comme tant d’autres, n’a pas le choix.  Et cela, sans jamais tomber dans l’excès ou dans le cliché.

Outre l’enquête, l’auteur consacre une grande partie du roman à la vie privée des divers protagonistes, apportant de ce fait une dimension supplémentaire à la lecture, dimension trop souvent absente des polars en général.

Et j’applaudis des deux mains pour le travail qu’a dû fournir René Manzor afin de parvenir à décrire avec une telle exactitude les sentiments des parents endeuillés.  Leur deuil, leur souffrance, leur colère sont d’un réalisme à couper le souffle.

Je ne peux bien entendu pas vous parler de la fin de l’histoire, je me contenterai juste de dire : bon sang, bon sang, quelle fin !  Tu m’as bien baladée, René, pour mon plus grand bonheur ! Merci !

Laipsker, Alexis – Le mangeur d’âmes

Michel Lafon – 4 mars 2021

4ème de couverture

« Il n’a pas crié. Ils ne crient jamais. »

Certains secrets, pourtant bien gardés, s’avèrent parfois trop lourds à porter…
Quand des disparitions d’enfants et des meurtres sanglants se multiplient dans un petit village de montagne sans histoire, une vieille légende nimbée de soufre ressurgit… Diligentés par leurs services respectifs, le commandant Guardiano et le capitaine de gendarmerie De Rolan sont contraints d’unir leurs forces pour découvrir la vérité.

Mon avis

J’attendais ce livre avec impatience, ayant beaucoup aimé Et avec votre esprit du même auteur.

Malheureusement, cet ouvrage ne m’a pas transportée.  Je l’ai trouvé long, tellement long… J’ai compris dès la moitié du livre où l’histoire allait mener, tout en gardant un petit espoir qu’Alexis Laipsker allait à un moment donné me retourner le cerveau comme il l’avait fait avec Et avec votre esprit.  Mais non.  Dommage.

A la lecture des retours d’autres lecteurs sur les divers groupes de lecture que je fréquente, je suis consciente que mon avis sera loin de faire l’unanimité.  Les goûts, les couleurs, tout ça…

Ce fut donc un rendez-vous manqué, mais je garde espoir pour le suivant.

Favan, Claire – La chair de sa chair

Harper Collins – 3 mars 2021

4ème de couverture

Moira O’Donnell c’est, derrière le feu des boucles rousses et l’énergie inépuisable, une femme qui lutte pour garder la tête hors de l’eau.
C’est une vie d’adulte démarrée trop tôt.
Ce sont trois gamins livrés à eux-mêmes et autant de boulots cumulés pour les nourrir.
Ce sont des pères absents : le premier, incarcéré le plus longtemps possible, croit-elle, et le second, suicidé.
C’est une culpabilité sans fin.
Moira O’Donnell, c’est la solitude d’une mère de famille dure au mal qui se bat, tombe et renaît. Pour ses enfants. Et avec eux. À la vie, à la mort.
Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie.

Mon avis

La parution d’un nouveau roman de Claire Favan est pour moi un moment attendu avec impatience.  Dès lors, je me suis ruée sur La Chair de sa Chair dès sa parution et je l’ai littéralement dévoré.

10 pages avant la fin, j’ai fait une pause de lecture.  Non pas parce que j’en avais marre ou que le livre ne m’intéressait plus, mais uniquement pour ne pas le terminer trop vite et retarder ce moment de manque inévitable qui survient lorsque je termine un excellent ouvrage.

J’ai lu tous les romans de Claire.  La plupart m’ont enchantée mais ma préférence allait jusqu’à présent à l’excellent Le Tueur IntimeLa Chair de sa Chair le rejoint sur le podium des ouvrages qui marquent et après lesquels il est difficile de se plonger immédiatement dans une autre lecture.

On retrouve ici tout le machiavélisme dont Claire Favan est capable.  Elle joue avec ses personnages (et avec ses lecteurs !), les manipule, les torture psychologiquement, sans jamais en faire trop ni trop peu, sans tomber dans les clichés ou la facilité.

Une lecture dont on ressort essoufflé, chamboulé et estomaqué car, si l’on pense connaître le mode de fonctionnement de Claire, une fois de plus, elle offre au lecteur un final totalement inattendu.

Je dis bravo et j’applaudis des deux mains !