Tackian, Niko – Solitudes

Calmann-Lévy – 6 janvier 2021

4ème de couverture

Elie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Amnésique suite à une blessure par balle, il est reparti à zéro dans cette région encore préservée. Alors qu’une tempête de neige s’annonce, Elie se lance sur la piste d’un loup signalé par plusieurs bergers. Les empreintes ensanglantées le conduisent à un immense pin situé dans une plaine désertique. Une femme nue est pendue à ses branches, une mystérieuse inscription gravée sur sa chair. Cette découverte macabre anime immédiatement quelque chose sur la toile blanche de ses souvenirs. La victime est un message à son attention, il en est certain. ? Le lieutenant Nina Melliski est alors dépêchée sur les lieux. Elie est-il coupable ou victime ? Elle ne sait que penser, mais son instinct lui dit que les réponses se trouvent dans les souvenirs disparus de cet homme sans passé.

Mon avis

Avec Solitudes, Niko Tackian signe un roman totalement addictif.  Une enquête policière rondement menée, mais pas que… ce livre est également une ode à la nature et à la symbiose entre les hommes et la terre.

Ecrit en 3 mois, lors du premier confinement, cet ouvrage emmène le lecteur dans les montagnes du Vercors, en plein hiver.  Niko dépeint les décors et les ambiances de manière tellement immersive qu’il est parvenu à me faire ressentir le froid, à tel point que c’est sous un plaid que j’ai terminé ma lecture.

Ce livre aux chapitres courts, sans aucun temps mort, se dévore d’une traite.  Aucun instant de répit n’est accordé, ni aux personnages ni aux lecteurs et c’est avec brio que l’auteur nous offre une fin totalement inattendue.  Tout ce que j’aime dans un bon thriller !

Mention spéciale pour cette couverture que je trouve magnifique et qui, à elle seule, résume parfaitement le livre.  Mais pour comprendre pourquoi, il faut le lire, donc voici mon conseil : filez chercher votre plaid, emmitouflez-vous et savourez !

Manchette, Ludovic & Niemiec, Christian – Alabama 1963

Le Cherche Midi – 20 août 2020

4ème de couverture

Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d’une fillette noire est retrouvé. La police s’en préoccupe de loin. Mais voilà que d’autres petites filles noires disparaissent…
Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d’enquêter pour le père de la première victime. Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s’interroge : « Les petites filles, ça disparaît pas comme ça… »
Deux êtres que tout oppose. A priori.

Sous des airs de polar américain, « Alabama 1963 » est avant tout une plongée captivante dans les États-Unis des années 1960, sur fond de ségrégation, de Ku Klux Klan et d’assassinat de Kennedy.

Mon avis

L’histoire se déroule sans surprise en Alabama, en 1963, dans une Amérique où la ségrégation est encore bien présente. Des jeunes filles noires sont retrouvées violées et assassinées mais la police n’y accorde pas une grande attention.

C’est dans ce contexte que nous faisons la connaissance d’Adela, femme de ménage et de Bud, ancien flic devenu détective privé alcoolique.  Même si ce personnage est assez cliché, il est intéressant de suivre cet homme blanc et cette femme noire, au fil d’une enquête qu’ils vont mener ensemble afin de retrouver l’assassin des gamines.

Je ne m’étendrai pas sur l’enquête policière car cette dernière est totalement farfelue et ce n’est que grâce à un concours de circonstances totalement irréaliste que l’auteur(e) des crimes est retrouvé(e).

Par contre ce livre est parfait pour appréhender le quotidien des Noirs au début des années ‘60 mais aussi pour découvrir ce lien d’amitié qui se crée et évolue entre Adela et Bud, pourtant parfaitement raciste en début d’ouvrage.

L’humour des copines d’Adela, les blagues racistes envers les Blancs, les dialogues savoureux et les réparties d’Adela sont autant d’éléments qui rendent également cette lecture très agréable.

En conclusion, voici un livre que je vous conseille si vous souhaitez passer un bon moment mais certainement pas si vous êtes à la recherche d’un bon polar.

Galliègue, Cathy – Contre nature

Seuil – 1 octobre 2020

4ème de couverture

Trois femmes sont incarcérées dans la même prison. C’est là, dans la bibliothèque du centre pénitentiaire, que Pascale, Vanessa et Leïla se rencontrent.

Captives de leur condition humaine et des préjugés, elles ont chacune une manière différente de vivre leur détention. Il y a celle qui se pose en redresseuse de torts, celle qui voudrait faire oublier le sort réservé à ses bébés, celle qui imagine que les livres les sauveront toutes les trois. Sensibiliser Vanessa à la lecture et vaincre les réticences de Pascale, tels sont les défis que se lance Leïla.

Alors qu’elles n’ont rien en commun, qu’elles ne cherchent pas l’amitié, la pratique cathartique de l’écriture va leur donner l’occasion d’établir une relation, d’évoquer la violence qui les a conduites à l’enfermement.

Mon avis

Voici mon premier coup de cœur de 2021 !

Un magnifique roman dans lequel nous suivons Pascale, Vanessa et Leïla, 3 femmes incarcérées pour des crimes assez violents. 3 femmes qui, finalement, ne sont que des cabossées de la vie et qui n’avaient pas forcément d’autres choix.

Chacune leur tour, ces femmes nous racontent leur passé chaotique et malgré la gravité des faits, on ne peut que s’attacher à elles.  La révolte que j’ai ressentie n’était en aucun cas liée à leurs crimes mais bien tournée vers ceux qui sont la cause de leurs actes.

J’ai porté dans mon ventre ce que vous appelez des enfants. Vous vous trompez. J’ai porté en moi, par huit fois, une boule de magma résultant de la fusion de deux corps dont on imagine avec dégoût les ébats.  – Pascale

Ils ont bousillé sa fraîcheur innocente, elle deviendrait féroce, ses revanches calées au creux du ventre, et puisqu’elle ne pouvait pas les combattre, eux, les loups hilares, elle pourrait au moins être plus rusée qu’eux. Ils ont joué, ils l’ont ouverte, l’ont fait saigner, ils ont ri et se sont félicités, le torse bombé, ils se sont sentis vaillants et forts, ils l’ont crue résignée, à leur merci, ils n’ont rien vu.

Elle leur prouverait que ce qui ne nous tue pas, etc. – Vanessa

Leïla, plus âgée et posée, ne peut admettre que ses codétenues soient résignées à ne jamais plus recouvrer leur dignité :

Vous donnez raison à ceux qui pense que nous sommes mauvaises, vous, moi, celle qui va arriver et que vous jurez de démolir. A leurs yeux, plus jamais nous ne serons des femmes convenables, alors autant nous saboter pour de bon, c’est ça ?

Passionnée de lecture depuis son plus jeune âge, elle va convaincre Pascale et Vanessa de rejoindre l’atelier de lecture et d’écriture proposé au sein de l’établissement pénitentiaire. Ces 3 femmes vont apprendre à mettre des mots sur leurs souffrances, à s’accepter en tant que femmes et non plus uniquement telles que les autres les définissent : grosse, soumise, rebelle, criminelle.

« Regarde, m’a-t-il dit, regarde comme nous sommes riches ! Ca vaut tous les trésors du monde, tu sais, habibte, ça vaut tous les meubles inutiles et très chers, toutes ces choses qui ne servent à rien. On n’a besoin que de ça, retiens bien, un lit pour dormir, un sofa pour recevoir les amis et la famille, ce qu’il faut pour préparer les repas, un bon fauteuil pour lire, et beaucoup, beaucoup de livres. C’est tout. Tout est là. » Et il a passé amoureusement sa paume sur le dos des ouvrages classés avec soin, par auteur, époussetés régulièrement, contemplés avec fierté. – Leïla

Avec sa plume sobre et fluide, Cathy Galliègue signe un roman fort qui se lit d’une traite, prend aux tripes et se vit plus qu’il ne se raconte.

Yates, Christopher J. – 37 fois

Pocket – 12 novembre 2020

4ème de couverture

1982 : dans une petite ville de montagne au nord de New York, trois jeunes adolescents, Hannah, Patrick et leur ami Matthew, sont liés à jamais par une affaire tragique.
2008 : Hannah, journaliste judiciaire, est mariée à Patrick. L’équilibre du couple vacille le jour où elle décide d’écrire un livre consacré au fait divers qui a marqué leur adolescence. Depuis toujours, Patrick redoute le moment où sa femme va s’approcher de ce « monstrueux secret » qui plane au-dessus de leur mariage, qui peut ressurgir et briser leur couple. Au même moment, Matthew réapparaît dans leur vie. Dans ce récit à la tension constante, Christopher J. Yates distille les révélations d’une main de maître.

Si chacun des personnages dissimule ses secrets, ses mensonges, chacun a aussi sa vérité. La sympathie et la confiance du lecteur vont de l’un à l’autre jusqu’à l’ultime rebondissement. Ce roman, hanté par la culpabilité et les non-dits, où la menace est permanente, est un véritable chef-d’oeuvre du genre.

Mon avis

L’histoire est relativement peu crédible et la première moitié est extrêmement longue.  En effet, outre le premier chapitre qui relate l’incident central de l’histoire, énormément de pages sont consacrées à la passion pour la cuisine d’un des personnages principaux.  Et comme je ne suis pas trop passionnée par le sujet, j’ai failli à quelques reprises laisser tomber cette lecture.

La seconde moitié devient heureusement plus intéressante car, à force d’allers-retours entre passé et présent, l’on se rend compte que les « gentils » ne sont probablement pas aussi gentils qu’ils tentent de le faire croire.  L’auteur parvient enfin à créer une tension qui incite le lecteur (s’il a survécu aux passages culinaires) à continuer la lecture de l’ouvrage.

Mais… Alors que tous les personnages et intrigues convergent vers ce qui aurait dû être un final brillant, je suis malheureusement restée avec une certaine quantité de questions sans réponses.  Dommage.

Cetro – Comme un chien

Date de parution : 9 décembre 2020

4ème de couverture

Retranché derrière une totale indifférence au monde qui l’entoure, aux joies et aux malheurs des autres, Jimmy avance dans la vie comme on respire, simple réflexe inconscient.
Nils, éphémère parmi les éphémères, atteint d’une maladie génétique, construit la sienne avec en point de mire une fin programmée qu’il sait proche.
L’un entrevoit la mort comme une porte de sortie possible, l’autre la perçoit comme une injustice.
Leur rencontre cet été là les poussera à rebattre les cartes, à reconsidérer leur perception de l’existence, et leur ouvrira des horizons plus larges, bien au delà de leurs drames personnels.

Mon avis

2020 fut moche. Personne ne me contredira, je pense. Mais grâce à Cédric Veto, je termine cette année de lecture en beauté. Bon sang ce livre ! Quelle magnifique ode à l’amitié et à l’amour, je suis bouleversée par cette lecture !

Jimmy, celui que tout le monde appelle « le cassos », est issu d’une famille qui avait tout pour être heureuse mais que la vie n’a pas épargnée.  Il traîne son âme en peine sans but précis, s’occupant de son grand-père sénile, seul membre de la famille qui vit encore à demeure.  Son père est mort et sa mère n’est qu’un courant d’air qu’il croise parfois lorsqu’elle rentre d’une nuit de prostitution.

Elle l’avait mis au monde et basta. S’il était né d’une fécondation in vitro, il aurait eu des chances d’avoir des échanges plus chaleureux avec sa maman éprouvette. 

Nils a 13 ans et est atteint de progeria, cette maladie qui entraîne un vieillissement accéléré. Il ne vivra donc plus très longtemps et sa mère, Marije, aimerait qu’il ne passe pas ses vacances d’été en compagnie de sa console de jeux.  Elle propose donc à Jimmy de passer les vacances scolaires en compagnie de Nils, contre rémunération. Jimmy voit dans cet arrangement une possibilité de nourrir son grand-père et accepte donc le deal.

Les deux petits cabossés de la vie vont développer une amitié très forte et formeront bientôt un trio, en compagnie de Slin, un chiot laissé pour mort et donc tout aussi cabossé qu’eux.

Jimmy va permettre à Nils de découvrir la vie en-dehors du cocon protecteur de sa mère et même, pour la première fois, de ne plus penser en continu à la mort qui peut venir le happer à tout instant.

Pas à pas, jour après jour, ainsi concevait-il la vie.

Nils quant à lui, va offrir à Jimmy la possibilité de s’ouvrir aux autres, ainsi qu’un cocon familial empli d’amour.

Cetro, avec sa plume réaliste et franche, offre à ses lecteurs de passer du rire aux larmes au travers d’une histoire abordant des thèmes tels que la maladie, le deuil, l’abandon, le désarroi, l’amour, la famille.  Une histoire qui vous secouera mais vous fera un bien fou.

Crois en un vieux bougon qu’en a plus des masses devant lui, le temps, c’est une denrée rare, mais ça vaut plus que dalle si on le prend pas pour soi. 

Massé, Xavier – L’inconnue de l’équation

Taurnada Editions – 16 mai 2019

4ème de couverture

Quatre heures. La police n’a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu’un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol.
Deux salles d’interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic déjà présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes.
Accident, meurtre, ou vengeance ?
Une toile d’araignée va se tisser peu à peu et d’une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues.

Mon avis

Dans la catégorie « histoire tordue mais qui tient la route », je décerne la palme d’or à Xavier Massé.

L’action débute dès les premières pages : un couple s’entretue, sous les yeux de leur fils qui, lui aussi gravement blessé, est transporté aux soins intensifs.

La suite de l’histoire est constituée de l’interrogatoire de l’inspectrice qui se trouvait sur les lieux et de la grand-mère du gamin blessé.  La première éclairera les enquêteurs sur les raisons qui l’ont menée à se retrouver aux premières loges de ce massacre, la seconde aidera les enquêteurs à appréhender les personnalités et le vécu des victimes.

Une histoire qui peut paraître assez basique de prime abord mais c’est sans compter sur le génie de Xavier Massé qui parvient à retourner le cerveau de ses lecteurs de façon magistrale.  J’ai dû à plusieurs reprises déposer le livre, fermer les yeux et réfléchir, reconstituer le puzzle, me rendre compte que certaines pièces étaient manquantes, ne plus rien comprendre à l’intrigue, recommencer, …  Tout comme les enquêteurs, je me suis à de nombreuses reprises arraché les cheveux.  Ce n’est pas un roman qui se lit, c’est un roman qui se vit !

J’ai commandé le dernier roman de Xavier Massé, « Némésis », que j’attends maintenant avec impatience.

Schepp, Emelie – Marquée à vie

Harper Collins – 11 janvier 2017

4ème de couverture

Nörrkoping, l’hiver.
La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l’Immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Etrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant – or, la victime n’en a pas… Quelques jours plus tard, le meurtrier est identifié. Mais il est mort. On retrouve son corps sur un rivage désolé, l’arme tout près de lui. Il s’agit bien d’un enfant. Signe particulier, il présente sur la nuque une scarification énigmatique.
Ce nom, gravé grossièrement à même la chair, provoque brutalement chez l’impénétrable Jana, pourtant réputée insensible et glaciale, un véritable séisme intérieur. Car elle porte la même scarification à la base du cou. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashes incontrôlables…

Mon avis

Emelie Schepp m’a été conseillée par une amie qui sait que j’apprécie les auteurs nordiques. C’est donc par le premier ouvrage de cette auteure que j’ai entamé ma lecture.

Dans l’ensemble, c’est efficace, tous les ingrédients nécessaires à un bon polar sont réunis : des meurtres, des enquêteurs formant une équipe soudée, des suspects ayant chacun un mobile et des chapitres courts donnant un bon rythme à l’histoire.

Malheureusement, la psychologie des personnages manque de profondeur et j’ai eu l’impression de ne survoler que superficiellement l’intrigue. C’est un premier roman, ça se sent. Mais je pense néanmoins qu’Emelie Schepp a du potentiel et j’espère donc découvrir plus de maturité dans l’écriture de ses autres ouvrages, que je découvrirai avec plaisir.

Zinberg, Ivan – Matière noire

Cosmopolis – 7 novembre 2019

4ème de couverture

Un thriller au réalisme captivant : Matière Noire est une bombe qui n’explose qu’à l’intérieur de votre organisme

Juillet 2017.
Une région. Deux disparitions.
Après une nuit en discothèque, la jeune Inès Ouari ne donne plus signe de vie.
Marion Testud, elle, n’est jamais rentrée de son jogging matinal.
Sur leurs traces, deux enquêteurs aux profils atypiques : Karim Bekkouche, chef de la BAC de Saint-Étienne, flirte avec les limites et prend tous les risques pour retrouver Inès. Jacques Canovas, journaliste parisien et ex-flic des Renseignements généraux, couvre la disparition de la joggeuse.
Tous deux ont des raisons personnelles de parvenir à leurs fins.

D’un bout à l’autre du pays, les pistes se croisent tandis que de vieux meurtres énigmatiques refont surface. Deux hommes confrontés, lancés dans une course contre la mort à pleine vitesse dans les abysses de la terreur panique.

Mon avis

Attention, alerte coup de coeur !

Un seul conseil : abandonnez immédiatement ce que vous êtes en train de faire et plongez dans la lecture de ce polar !

2 femmes retrouvées mortes. 2 enquêteurs : Jacques, ex-flic, pensionné, qui pour ne pas sombrer dans la solitude, est devenu chroniqueur pour un canard à sensation.

Zek, qui aurait très facilement pu devenir chef des racailles de la cité mais qui a eu l’intelligence de dire stop à la violence, la drogue et tout ce qui constitue le quotidien des petites frappes : Zek est devenu flic. Un flic très souvent à la limite de la légalité, mais un homme bourré de principes et jusqu’au-boutiste. Terriblement attachant le Zek, soit dit en passant…

Donc, Jacques et Zek enquêtent chacun de leur côté, leurs enquêtes font rouvrir des cold cases. Un rythme effréné. Un twist cérébral à gauche, un twist cérébral à droite et un uppercut final.

Magistral ! Ce n’est dès lors pas étonnant que cet ouvrage ait remporté le Grand Prix de l’Iris Noir Bruxelles 2020.

Carrisi, Donato – La maison des voix

Calmann-Lévy – 4 novembre 2020

4ème de couverture

Florence, de nos jours. Pietro Gerber est un psychiatre pour enfants, spécialiste de l’hypnose. Il arrive ainsi à extraire la vérité de jeunes patients tourmentés.

Un jour, une consoeur australienne lui demande de poursuivre la thérapie de sa patiente qui vient d’arriver en Italie.
Seul hic, c’est une adulte. Elle s’appelle Hanna Hall et elle est persuadée d’avoir tué son frère pendant son enfance.

Intrigué, Gerber accepte mais c’est alors qu’une spirale infernale va s’enclencher : chaque séance d’hypnose révèle plus encore le terrible passé d’Hanna, mais aussi qu’elle en sait beaucoup trop sur la vie de Gerber. Et si Hanna Hall était venue le délivrer de ses propres démons ?

Mon avis

J’avais beaucoup aimé « Le Chuchoteur » du même auteur et me faisais donc une joie de lire son dernier né, « La Maison des Voix ».  Malheureusement, je n’ai pas du tout accroché à cette intrigue qui m’a semblée un peu (beaucoup) tirée par les cheveux.

Je n’ai pas accroché aux personnages non plus et celui qui m’a le plus déçue est l’un des personnages principaux, le psychologue Gerber (c’est quoi ce nom d’ailleurs ? Je présume qu’en italien il n’a pas la même signification qu’en français…) qui m’a semblé niais et très peu crédible.

C’est dommage car le pitch était assez intéressant mais au final je me suis ennuyée.

Gilberti, Ghislain – Sa majesté des ombres

La Mécanique Générale – 19 mars 2020

4ème de couverture

Un cartel d’un nouveau genre, invisible et sans pitié.
Une drogue d’une pureté inédite.
Un réseau de dealers sous pression, déployé à travers l’Europe et coupé de la tête de l’organisation.
Un signe commun aux membres du cartel : Ecce Lex, tatoué sur le poignet. Quand des dealers sont capturés, ils se révèlent incapables de livrer le moindre indice sur leur commanditaire… Quand leurs cadavres ne servent pas déjà de bornes kilométriques.
Une légende de la police judiciaire aux dons de mentaliste, Cécile Sanchez, fait face à des tueries aux modes opératoires sans précédent.
Est-il possible de mettre des ombres en cage ? Dans quel enfer devra-t-elle descendre pour faire face au mal absolu ?
Bienvenue dans le Réseau Fantôme
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Mon avis

Même si je conçois que la mise en place de l’intrigue ainsi que des personnages est nécessaire, j’ai trouvé la première partie de ce roman extrêmement longue et j’ai failli décrocher à plusieurs reprises.  Mais j’ai tenu bon, voulant à tout prix comprendre pourquoi ce livre avait obtenu autant de critiques élogieuses.  Et dès la seconde partie, j’ai compris !

Ghislain Gilberti prend le temps de mettre en place une intrigue aux multiples ramifications, savamment construite, ne laissant pas la moindre place à l’improvisation ou à l’à peu près. Il plonge ses lecteurs dans la noirceur humaine, dans le milieu du trafic de drogues en tous genres et propose une équipe d’enquêteurs aux personnalités diverses.  Si certains personnages peuvent paraître assez clichés de prime abord, leur rôle dans l’histoire est malgré tout essentiel et dès lors réaliste.

Résultat : un pavé de plus de 700 pages (premier volume d’une trilogie) qui se lit à toute vitesse et qui confirme le sentiment que j’avais eu à la lecture de « Dynamique du chaos » du même auteur : Ghislain Gilberti mérite amplement sa place parmi les grands !