Bois, Ariane – L’île aux enfants

Belfond – 14 mars 2019

4ème de couverture

C’est l’histoire de Pauline et Clémence, deux fillettes inséparables, deux sœurs vivant près des champs de cannes à sucre, qui un jour, en allant chercher de l’eau à la rivière, sont enlevées, jetées dans un avion, séparées, et qui devront affronter bien des épreuves avant de comprendre ce qui leur est arrivé. Il ne s’agit pas d’un conte pour enfants, même cruel, mais de la véritable histoire des exilés de la Creuse, un transfert massif d’enfants venus de l’île de la Réunion pour repeupler des départements isolés de la métropole en 1963, contre leur gré et celui de leurs familles, devenue un scandale d’état. Dans ce roman, c’est la fille de Pauline, Caroline, qui, trente ans plus tard, mène l’enquête sur l’enfance de sa mère, provoquant ainsi des réactions en chaine et l’émoi de celle qui pour survivre a dû tout oublier…

Comment devenir soi quand on vous a menti ? Peut-on se reconstruire un arbre généalogique ? Qu’est- ce qu’était l’adoption dans le secret et les non-dits des années 1970 ? L’histoire d’une résilience, d’une reconstruction et une plongée dans un épisode peu glorieux de l’histoire de France à travers les yeux de deux enfants.

Mon avis

L’histoire est principalement axée sur Pauline dont on suit le parcours depuis l’enfance, lorsqu’elle est arrachée à ses parents pour être emmenée à la Métropole.  Il en sera ainsi car les autorités ont décidé qu’il y avait beaucoup trop d’enfants à la Réunion et qu’il était nécessaire de repeupler certains départements français.

J’ai malheureusement trouvé ce livre trop léger et naïf vu le thème abordé.  En effet, même si Pauline se questionne au sujet de sa couleur de peau, beaucoup plus foncée que celle de ses parents, elle ne remet jamais en cause les explications fournies par ses parents adoptifs qui lui ont d’ailleurs caché qu’elle n’était pas leur enfant naturelle.  Elle ne le découvrira qu’à l’adolescence et partira dès lors en vrille.  Il aurait été intéressant de la suivre de plus près à cet âge mais malheureusement, cette étape est survolée.

Ce n’est qu’à l’âge adulte que Pauline, qui refuse farouchement de penser à son enfance, sera contrainte par sa fille d’évoquer le sujet de son enlèvement et de ses racines.  A nouveau, j’ai trouvé assez irréaliste qu’une jeune fille dans la vingtaine parvienne en 3 coups de cuillère à pot à s’envoler à la Réunion et à y retrouver les racines de sa mère.  Le tout en étant bien entendu aidée par le playboy local dont elle tombera évidemment follement amoureuse.

En conclusion, c’est un gentil petit livre, une bonne petite romance, mais certainement pas ce à quoi je m’attendais à la lecture de son résumé.