Expert, Jacques – Plus fort qu’elle

Calmann-Lévy – 7 octobre 2020

4ème de couverture

Cette nuit-là, Cécile Maisonnave est assassinée. Frappée à l’arrière du crâne et précipitée dans l’escalier de marbre de sa maison. Aux origines du meurtre, la police le comprend très vite, il y a la liaison passionnée entre le mari de Cécile et son assistante, Raphaëlle. Liaison pour laquelle Raphaëlle a tout quitté, y compris ses enfants, métamorphosée par cet amour plus fort qu’elle.

Mais alors qui a tué Cécile ? Est-ce Raphaëlle ? Quand on est capable d’abandonner ses enfants, n’est-on pas capable du pire ? Peu à peu, le piège dans lequel est tombée Raphaëlle se dessine sous nos yeux. Effarant. Oppressant. Imparable. Un piège, là aussi, plus fort qu’elle ?

Mon avis

C’est avec cet ouvrage que je découvre la plume de Jacques Expert et quelle belle découverte !

Jusqu’où peut mener une passion amoureuse ? Raphaëlle a quitté son mari et abandonné ses enfants afin de prouver son amour à son amant qui lui fait miroiter la possibilité d’une vie à deux. Un seul frein à leur passion : Cécile, l’épouse de Patrick.

Lorsque Cécile est assassinée, tout accuse Raphaëlle. En effet, si une mère est capable d’abandonner ses enfants pour vivre sa passion amoureuse, elle doit être capable de bien pire encore. Mais Patrick est-il réellement épris de Raphaëlle ou n’est-elle que l’objet d’un manipulateur sans scrupules ?

Jacques Expert m’a manipulée à souhait. Des preuves irréfutables, des alibis en béton, une antipathie grandissante envers l’accusé(e) et puis soudainement, sans crier gare, je me surprends à douter de tout et à ne plus avoir la moindre idée de comment toute cette histoire va se terminer. Du grand art !

J’ai dévoré ce livre en un après-midi et l’étape suivante est de partir immédiatement à la découverte des autres ouvrages de cet auteur.

Dillard, François-Xavier – Prendre un enfant par la main

Belfond – 1 octobre 2001

4ème de couverture

Lorsque vous lâchez la main de votre enfant, êtes-vous certain de pouvoir la serrer de nouveau un jour ?
Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.
Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.
Mais lorsque le destin de Gabrielle bascule dans l’indicible, les démons que Sarah avait cru pouvoir retenir se déchaînent une seconde fois.

« Prends ma main, mon cœur. Ne la lâche pas, quoi qu’il arrive. Serre-la fort ! « 

Mon avis

Je me suis bien entendu reconnue dans certaines attitudes des parents de ce récit, devant faire face et survivre à la perte de leur enfant. Pour cela, je félicite François-Xavier Dillard, qui n’en a fait ni trop, ni trop peu. En effet, décrire une situation que peu de gens (heureusement) sont amenés à vivre n’est pas un exercice facile.

Ce livre aborde donc le thème du deuil parental mais également les conséquences que la perte d’un enfant peuvent avoir sur les autres membres de la famille, sur les amis, les voisins, etc.

Puisqu’il s’agit néanmoins d’un thriller, les ingrédients nécessaires à ce type de littérature sont présents : tension, suspense, suspicion, cadavres, meurtres, …

Tous les personnages sont parfaitement dépeints et j’ai eu un véritable coup de coeur pour Gabrielle. Je signe de suite pour une ado pareille !

Un bon thriller avec une fin inattendue, tout ce que j’aime ! Seul bémol, voilà 2 jours que cette chanson tourne en boucle dans ma tête, ça c’est moins top…

Loubry, Jérôme – De soleil et de sang

Calmann-Lévy – 2 septembre 2020

4ème de couverture

Dans ce quartier chic de Port-au-Prince s’élèvent de belles demeures de pierre entourées de palmiers, de flamboyants et d’arbres orchidées. C’est là que, pour la deuxième fois en une semaine, un couple est retrouvé assassiné dans sa chambre. Deux corps mutilés gisant au pied du lit conjugal. La presse titre déjà sur une série de « crimes vaudous ».
Pourtant l’inspecteur Simon Bélage refuse de tomber dans la superstition. Sur cette île, la corruption et le trafic d’enfants font plus de ravages que le terrible Baron Samedi, le dieu des morts. Simon sait avec certitude que ces crimes sont l’oeuvre d’un être de chair et de sang. Et tous les indices convergent vers un orphelinat fermé depuis près de vingt ans, surnommé la « Tombe joyeuse ».
Mais Simon devrait prendre garde. En Haïti, ignorer les avertissements des esprits, qu’ils soient vrais ou faux, peut se révéler dangereux…

Mon avis

Envie de dépaysement ? Jérôme Loubry vous invite à Haïti ! Mais il ne s’agit pas ici de Haïti aux plages de sable fin et aux eaux turquoise. Il s’agit plutôt de misère, de corruption, de rites vaudous et de trafic d’enfants.

J’ai aimé la découverte de cette culture si éloignée de la nôtre, ces enfants terriblement attachants et ces voyages incessants entre 1984 et 2010, dont on ne comprend pas immédiatement la raison, l’auteur dévoilant petit à petit les pièces du puzzle.

Bien que n’ayant aucune croyance religieuse, Jérôme est malgré tout parvenu à instiller le doute : et si tout cela était possible en fin de compte ?

Je suis Jérôme depuis son tout premier roman et cet auteur a la capacité de changer radicalement d’univers dans chacun de ses livres, empêchant dès lors le lecteur de parvenir à deviner l’issue de l’histoire avant les dernières pages. Une fois de plus, j’ai été bluffée !

Favan, Claire – Les cicatrices

Harper Collins – 4 mars 2020

4ème de couverture

Centralia, État de Washington. La vie d’Owen Maker est une pénitence. Pour s’acheter la paix, il a renoncé à toute tentative de rébellion.
En attendant le moment où il pourra se réinventer, cet homme pour ainsi dire ordinaire partage avec son ancienne compagne une maison divisée en deux. Il est l’ex patient, le gendre idéal, le vendeur préféré de son beau-père qui lui a créé un poste sur mesure. Un type docile. Enfin, presque. Car, si Owen a renoncé à toute vie sociale, il résiste sur un point : ni le chantage au suicide de Sally ni les scènes qu’elle lui inflige quotidiennement et qui le désignent comme bourreau aux yeux des autres ne le feront revenir sur sa décision de se séparer d’elle.

Mais, alors qu’une éclaircie venait d’illuminer son existence, Owen est vite ramené à sa juste place. Son ADN a été prélevé sur la scène de crime d’un tueur qui sévit en toute impunité dans la région, et ce depuis des années. La police et le FBI sont sur son dos. L’enfer qu’était son quotidien n’est rien à côté de la tempête qu’il s’apprête à affronter.

Mon avis

Il y a 3-4 auteurs dont j’achète les nouvelles parutions les yeux fermés, sans aucun besoin de lire le synopsis au préalable, sachant que je passerai de toute façon un bon moment de lecture. Claire Favan fait partie de ces auteurs. Elle est, selon mes critères, la n°1 féminine en matière de littérature noire. Ses romans sont aboutis, ses personnages sont fouillés et ses histoires ne sont jamais abracadabrantes. Lorsque je me lance dans la lecture d’un ouvrage de Claire Favan j’ai la certitude que le monde alentour pourrait s’écrouler sans que je ne le remarque, tant Claire parvient à me faire rentrer totalement dans son univers.

« Les cicatrices » a, sans aucune surprise, réuni tous les critères précités. Et comme à chaque fois, Claire m’a menée en bateau tout au long du récit, pour mon plus grand bonheur. Mention spéciale au chapitre 42 qui m’a bien fait rire !

J’ai eu la chance de rencontrer Claire Favan à quelques reprises et ce qui me frappe à chaque fois lors de nos échanges est le contraste entre la femme et l’auteure. Ses personnages sont monstrueux et torturés alors que Claire est douce et posée. Toutefois, lorsqu’elle vous parle de ses livres, elle a ce petit sourire en coin bien mystérieux qui lui donne malgré tout un petit air diabolique.

Bref, vous l’aurez compris, je suis une fan inconditionnelle !

Marss, John – Les passagers

Hugo et Compagnie – 7 novembre 2019

4ème de couverture

L’Angleterre, demain, ou peut-être après-demain.
Les voitures sans conducteur sont devenues obligatoires. « Un réel progrès pour la sécurité de tous », se dit-on.
Mais quand un hacker prend le contrôle de huit véhicules, le progrès devient une menace. Mortelle.
Les huit véhicules et leurs passagers sont programmés pour rouler vers une collision aussi spectaculaire que fatale.
Impossible, pour les autorités, d’intervenir : les voitures exploseraient. Tous vont mourir.
Tous, sauf celui ou celle que le public décidera de sauver via les réseaux sociaux.
Chaque passager doit plaider sa cause pour influencer les votes, en se présentant sous son meilleur jour.
Mais le hacker connaît aussi leurs secrets les plus sombres…

ET VOUS, QUI SAUVERIEZ-VOUS ?

Mon avis

Quand Claire Favan, dont j’ai dévoré tous les ouvrages, recommande un bouquin, je fonce l’acheter les yeux fermés !

Dans un rythme d’enfer, John Marrs nous fait vivre en direct les 2h30 de supplice de 8 passagers pris en otage dans des voiture autonomes. Un seul pourra être sauvé, mais cela dépendra du vote du public qui suit cette course effrénée vers la mort en direct sur Facebook.

Si au début on se dit que jamais on ne pourrait faire tel un choix, John Marrs parvient à manipuler notre cerveau de telle sorte que l’on se retrouve à juger de la valeur de la vie de l’un et de l’autre. Diabolique !

De surprises en surprises, John Marrs nous entraîne dans une histoire angoissante et n’accorde aucun moment de répit à ses personnages et au lecteur. Un suspense mené de main de maître, que je vous recommande vivement !

Saussey, Jacques – Cinq doigts sous la neige

Cosmopolis – 27 août 2020

Cosmopolis - 27 août 2020

4ème de couverture

Marc Torres, écrivain à succès, vit seul avec son fils dans un immense domaine isolé dans les bois.
Alexandre a été très perturbé par le décès de sa mère, cinq ans plus tôt. Plongé dans son travail pour tenter d’oublier la douleur du deuil, Marc ne l’a pas soutenu comme il l’aurait dû.
Lorsque son fils lui demande l’autorisation d’inviter des amis chez eux pour son dix-huitième anniversaire, Marc ne peut refuser, même s’il craint les débordements des jeunes.
Pendant la fête, le ciel se couvre très vite au-dessus des sapins noirs. Bientôt, la neige bloque les accès à la montagne et verrouille la quinzaine d’adolescents chez les Torres au cœur de la forêt silencieuse.
Marc est inquiet. Alexandre est un garçon fragile. Il va devoir le protéger des autres, mais aussi de lui-même. À tout prix.

Mon avis

1er chapitre, ça commence fort !

Aux chapitres suivants, changement d’époque, changement d’ambiance. Rien de noir ou de dramatique ne se produit, mais Jacques Saussey parvient malgré tout à créer une ambiance lourde et à mettre le lecteur sous tension : quelque chose va se produire mais impossible de dire quoi, quand, où, comment, pourquoi…

Quand tout s’emballe, la tension est à son comble et on se surprend à espérer que, appelons-les « les méchants » pour ne pas spoiler, ne se fassent pas prendre.

Machiavélique Monsieur Saussey !

Yves Laurent – …Jeux de vilains

Yves Laurent – 26 août 2020

4ème de couverture

« Après un dernier signe de la main, il s’empara de son briquet et enflamma la mèche. Le feu se propagea inexorablement vers le véhicule dans lequel le futur grand brûlé, s’agitant comme un fou, venait de se déboîter les poignets en tentant de se libérer. Le tueur attendit que la torche humaine cesse de hurler avant de quitter les lieux, satisfait, le sourire aux lèvres. »

Alors que leur premier romain « Jeux de mains… » a été primé par la librairie bruxelloise Mot Passant, Yves Vandeberg et Laurent Vranjes reviennent avec « …Jeux de vilains » pour clore l’enquête de l’inspecteur Corduno.

Mon avis

Yves et Laurent nous ont fait attendre fameusement longtemps pour cette suite de « Jeux de mains…« . De vrais maîtres du suspense ces deux-là !

Autant dire que mon impatience était à son comble quand j’ai appris que la parution de « …Jeux de vilains » était imminente. Et enfin, le 26 août 2020 est arrivé, amenant avec lui Yves et Laurent qui m’ont fait le plaisir de me remettre cet ouvrage en mains propres, dédicacé qui plus est.

Après le succès phénoménal de « Jeux de mains… », la barre était placée fameusement haut et je dois admettre que je craignais certaines répétitions ou pire, l’impression de goûter à un plat réchauffé. Il n’en fut rien ! Je me suis REGALEE ! Les personnages ont mûri, les méchants sont encore plus méchants mais, grâce à certaines petites pointes d’humour, j’ai à nouveau rigolé (ce qui n’était pas gagné au vu de la couverture!).

J’ai dévoré ce second opus, quel plaisir de retrouver David Corduno et son équipe dans une nouvelle enquête bruxelloise. Ils ont souffert les pauvres, mais pour mon plus grand plaisir !

Rostagnat, Pétronille – Un jour tu paieras

Marabout – 29 janvier 2020

4ème de couverture

« Les dés sont jetés, je n’ai plus rien à perdre.

En poussant un cri pour me donner du courage, je lève les bras au-dessus de ma tête. Avant que tu ne réagisses quinze centimètres de lame s’enfoncent dans ta chair. »

Une adolescente, retrouvée inconsciente en pleine forêt, émerge lentement du coma. Que lui est-il arrivé ?

Pendant que la police mène l’enquête, Pauline Carel, jeune avocate pénaliste, est commise d’office pour défendre Mathieu, un brillant étudiant en médecine accusé d’un double homicide.

Carriériste, ambitieuse et perfectionniste, Pauline y voit l’opportunité de se faire un nom. Alors qu’elle se bat pour blanchir son client, elle est rattrapée par son passé…

Mon avis

News flash : on laisse tomber ce qu’on est en train de faire et on se rue sur ce bouquin ! Pétronille Rostagnat nous offre avec « Un jour, tu paieras », un roman machiavélique, qui nous tient en haleine du début à la fin. Pas de temps mort, pas de longueurs.

Voici la torture imposée à mon cerveau : « L’accusé est-il coupable ? Non, impossible ! Ou peut-être bien que oui en fait ? Mais non ! Mais si ! Oh je ne sais pas… Vivement la fin, parce que je suis maltraité, mais pas trop vite la fin, car j’aime ce bouquin ! »

North, Alex – L’homme aux murmures

Seuil – 5 mars 2020

4ème de couverture

Si tu laisses la porte entrebâillée, les murmures viendront se glisser…
Un écrivain veuf, Tom, et son fils de 8 ans, Jake, emménagent dans une nouvelle ville. Featherbank. Si charmante et calme en apparence. Où vingt ans plus tôt, un serial killer a été arrêté après avoir tué plusieurs enfants. On l’appelait l’Homme aux murmures. Des murmures que Jake a entendus. A la porte de sa maison. Et si tout recommençait ?

Mon avis

Mon avis sera très court : je n’ai pas du tout aimé.

Beaucoup trop de longueurs, d’incohérences et de coïncidences absurdes. Un père geignard, un gosse trop parfait, une équipe d’enquêteurs absolument pas crédible et j’en passe…

Les quelques points intéressants qui auraient mérité d’être plus élaborés sont, eux, malheureusement survolés.

Grosse déception donc car les avis que j’avais lus sur les divers réseaux sociaux me faisaient espérer un bon moment de lecture.

Stevens, Chevy – Séquestrée

Pocket – 10 janvier 2013

4ème de couverture

Annie O’Sullivan, 32 ans, est agent immobilier sur l’île de Vancouver. Par un beau dimanche ensoleillé d’août, alors qu’elle fait visiter une maison à un potentiel acquéreur, ce dernier lui plante le canon d’un revolver dans le dos et l’oblige à monter dans sa camionnette…

Quand Annie se réveille, elle est prisonnière dans une cabane isolée en pleine forêt. C’est le début d’un enfer qui durera plus d’un an : douze mois où le Monstre – comme Annie le surnomme – fera d’elle sa chose. Torture psychologique, abus sexuels… : tout y passera, jusqu’à ce que la jeune femme parvienne enfin à s’échapper.

Pourtant, le plus dur commence pour Annie, qui doit à présent surmonter son traumatisme, réapprendre à vivre normalement sans plus dormir enfermée dans un placard, seul lieu où elle se sent en sécurité, et, surtout, accepter l’effroyable vérité : elle connaît le commanditaire de son enlèvement…

Mon avis

Ayant beaucoup aimé aimé Jamais tu ne me quitteras du même auteur, j’ai eu envie de découvrir les autres livres de Chevy Stevens.

Mon avis est mitigé. J’ai beaucoup aimé l’originalité de la narration. En effet, Annie relate son calvaire au travers de ses séances chez la psy, ce qui rend le récit vivant et personnalisé. Cependant, j’ai eu l’impression tout au long du récit de ne faire que survoler l’histoire, plus de détails et de profondeur auraient été les bienvenus.

Même si la fin est inattendue, celle-ci est absolument décevante car terriblement tirée par les cheveux. Autant la narration personnalisée lors des séances psy était crédible, autant tout s’écroule lors des pages de conclusion, laissant au lecteur le sentiment d’avoir perdu son temps à lire un livre dont l’auteur s’est emmêlé les pinceaux pour le grand final.